Le pétrole se redresse timidement sur fond de tensions autour du détroit d’Ormuz

Le pétrole se redresse timidement sur fond de tensions autour du détroit d’Ormuz

Les cours du pétrole inscrivent une légère progression ce mercredi, dans un climat de fortes turbulences géopolitiques. Les opérateurs des marchés restent suspendus aux développements de la crise au Moyen-Orient, entre le rétablissement du blocus naval iranien et le revirement inattendu de Donald Trump concernant son projet de taxation des navires transitant par le détroit d’Ormuz, véritable artère stratégique du commerce mondial des hydrocarbures.

Vers 09h45 GMT, le Brent de la mer du Nord, référence mondiale, s’appréciait de 0,71 % à 85,33 dollars le baril. Son équivalent américain, le West Texas Intermediate (WTI), enregistrait une hausse de 0,78 %, à 79,96 dollars.

Cette progression intervient après une séance particulièrement mouvementée. Mardi, les deux références pétrolières avaient atteint leurs plus hauts niveaux depuis la mi-juin, avant de réduire leurs gains à la suite d’un changement de cap de la Maison-Blanche.

Dans une publication sur Truth Social, Donald Trump a annoncé l’abandon de son projet d’instaurer une taxe de 20 % sur les navires franchissant le détroit d’Ormuz. L’administration américaine privilégierait désormais une approche fondée sur la conclusion d’accords commerciaux avec les monarchies du Golfe, dans l’objectif de préserver la fluidité du trafic maritime au sein de ce passage stratégique, par lequel transite près d’un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole.

Cette inflexion de la stratégie américaine n’a toutefois pas dissipé les interrogations des investisseurs. Bien au contraire, elle nourrit une volatilité persistante sur les marchés. Pour John Evans, analyste chez PVM Energy, cette décision « ajoute un degré supplémentaire d’incertitude » à un environnement déjà profondément marqué par l’enchevêtrement des sanctions économiques, des menaces commerciales et des tensions diplomatiques.

Parallèlement, la dégradation de la situation sécuritaire continue de peser sur les perspectives du marché. Le rétablissement du blocus naval iranien, effectif depuis mardi soir, compromet les efforts diplomatiques engagés après la signature, le 17 juin, d’un protocole d’accord entre Washington et Téhéran destiné à pérenniser le cessez-le-feu conclu en avril.

Dans le même temps, les Gardiens de la Révolution ont réaffirmé que le détroit d’Ormuz « demeurera fermé jusqu’à la cessation des actes d’agression américains », une déclaration qui ravive les craintes d’une perturbation durable des flux énergétiques mondiaux.

Les répercussions sur le transport maritime sont déjà tangibles. Selon les données de la société spécialisée Kpler, seuls sept navires marchands ont emprunté le détroit lundi, soit le niveau le plus faible observé depuis le 13 juin. Ce net ralentissement illustre la prudence croissante des armateurs face à un environnement sécuritaire devenu particulièrement instable.

Les perspectives du marché demeurent extrêmement contrastées. Stephen Innes, de SPI Asset Management, estime qu’une paralysie prolongée des flux pétroliers dans le Golfe pourrait propulser le Brent au-delà de 110 dollars le baril avant la fin de l’année. À l’inverse, une désescalade diplomatique accompagnée d’une normalisation progressive de la production et des exportations serait susceptible de ramener les cours dans une fourchette comprise entre 60 et 70 dollars.

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