Le pétrole repasse au-dessus de 100 dollars : les attaques en mer Rouge et l’escalade au Moyen-Orient secouent les marchés

Le pétrole repasse au-dessus de 100 dollars : les attaques en mer Rouge et l’escalade au Moyen-Orient secouent les marchés

Les prix mondiaux du pétrole ont franchi jeudi la barre symbolique des 100 dollars le baril, une première depuis le mois de mai, sous l’effet de l’aggravation des tensions au Moyen-Orient et des attaques des rebelles houthis en mer Rouge, qui font craindre de nouvelles perturbations de l’approvisionnement énergétique mondial.

Le Brent, référence internationale, a atteint 100,64 dollars le baril, en hausse de près de 7 %, tandis que le West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, s’est apprécié de 5,8 % pour atteindre 91,83 dollars. Cette flambée intervient après plusieurs jours de progression des cours, alimentée par l’intensification des frappes américaines contre l’Iran et les inquiétudes sur la sécurité des principales routes maritimes.

Les rebelles houthis, soutenus par l’Iran, ont revendiqué mercredi des attaques contre deux pétroliers saoudiens en mer Rouge. Ces opérations menacent la navigation dans le détroit stratégique de Bab el-Mandeb, passage reliant la mer Rouge au golfe d’Aden, par lequel transite environ 7 % de l’approvisionnement mondial en pétrole.

Ces nouvelles attaques s’ajoutent aux frappes militaires américaines menées contre des cibles iraniennes depuis près de deux semaines, alors que Washington continue de renforcer sa présence militaire dans la région. Les États-Unis ont notamment déployé davantage d’avions ravitailleurs en Israël, tandis que des bombardiers B-1 ont quitté le Royaume-Uni en direction du Moyen-Orient, selon des données de suivi aérien.

La hausse du pétrole commence déjà à se répercuter sur les consommateurs. Aux États-Unis, le prix moyen de l’essence atteint désormais 4,09 dollars le gallon, contre 3,94 dollars une semaine plus tôt, selon l’AAA. Au Royaume-Uni, les prix de l’essence et du diesel progressent également, alimentés par la flambée des cours du brut.

Au-delà des carburants, cette hausse risque d’entraîner une augmentation des coûts de transport et de production, susceptible de se répercuter sur les prix des produits alimentaires et de nombreux biens de consommation, ravivant ainsi les pressions inflationnistes.

Cette envolée des prix de l’énergie complique la tâche des banques centrales, qui espéraient poursuivre l’assouplissement de leur politique monétaire.

La Réserve fédérale américaine (Fed) doit annoncer sa prochaine décision sur les taux d’intérêt le 29 juillet. Or, la reprise des prix du pétrole pourrait freiner toute baisse des taux, voire conduire la banque centrale à maintenir une politique monétaire restrictive afin de contenir une éventuelle résurgence de l’inflation.

Selon l’outil CME FedWatch, la probabilité d’une hausse des taux par la Fed est désormais estimée à 36 %, contre seulement 11 % une semaine auparavant.

« Les baisses de taux sur lesquelles les investisseurs comptaient pour la fin de l’année semblent aujourd’hui beaucoup moins probables qu’il y a seulement quelques jours », estime Nigel Green, directeur général du groupe d’investissement deVere Group.

La flambée des prix du pétrole a également pesé sur les marchés financiers. À Wall Street, le S&P 500 et le Dow Jones ont chacun perdu environ 1 % à l’ouverture de la séance, tandis que le Nasdaq, plus exposé aux valeurs technologiques, a chuté de 1,8 %.

Dans le même temps, les investisseurs se sont tournés vers les obligations, faisant grimper le rendement des bons du Trésor américain à dix ans à 4,71 %.

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