Bolivie : La justice bolivienne recherche l’ancien président Evo Morales, accusé de terrorisme et de soulèvement armé

Bolivie : La justice bolivienne recherche l’ancien président Evo Morales, accusé de terrorisme et de soulèvement armé

L’étau judiciaire se resserre autour d’Evo Morales. Le parquet général de Bolivie a ordonné l’arrestation de l’ancien président, accusé d’être à l’origine des manifestations et des blocages routiers qui ont paralysé le pays pendant près de deux mois. Cette nouvelle procédure intervient dans un contexte de fortes tensions politiques et d’une crise économique sans précédent.

Le parquet général de Bolivie a annoncé, mercredi 30 juillet, l’émission d’un mandat d’arrêt contre l’ancien président Evo Morales. chef de l’État bolivien entre 2006 et 2019, il est désormais poursuivi pour son rôle présumé dans les manifestations et les barrages routiers qui ont plongé le pays dans une grave crise entre les mois de mai et de juin.

Le procureur général Roger Mariaca a indiqué que cette décision s’inscrit dans une enquête ouverte à la suite des dizaines de blocages installés sur les principaux axes routiers du pays. Selon le parquet, les faits pourraient relever des infractions de « soulèvement armé » et de « terrorisme », après des plaintes déposées par plusieurs organisations civiles et le ministère de l’Intérieur.

Pendant près de cinquante jours, des organisations indigènes, des syndicats et des producteurs de coca ont multiplié les actions de protestation afin d’exiger la démission du président Rodrigo Paz. Ces mobilisations sont intervenues alors que la Bolivie fait face à la plus grave crise économique de son histoire récente, marquée par une pénurie de devises, des difficultés d’approvisionnement et une forte dégradation des conditions de vie.

Les barrages routiers ont rapidement paralysé une grande partie du territoire, perturbant le transport de marchandises et provoquant d’importantes pénuries de carburant, de nourriture et de médicaments dans plusieurs grandes villes, notamment La Paz et El Alto. Face à cette situation, le gouvernement a décrété l’état d’exception et mobilisé les forces de sécurité pour lever les barrages et rétablir la circulation.

Le président Rodrigo Paz accuse ouvertement Evo Morales d’avoir coordonné cette campagne de blocages afin de déstabiliser les institutions et de faire pression sur le pouvoir. L’ancien président rejette catégoriquement ces accusations, dénonçant une offensive judiciaire à caractère politique destinée à l’empêcher de retrouver une influence sur la scène nationale.

Âgé de 66 ans, Evo Morales demeure retranché dans son bastion du Chapare, région productrice de coca située au centre du pays, où il conserve un important soutien populaire. Il y vit depuis qu’un premier mandat d’arrêt a été lancé contre lui en 2024 dans une affaire de traite présumée de mineure. L’ancien dirigeant a toujours nié les faits qui lui sont reprochés et affirme être victime d’une persécution orchestrée par ses adversaires politiques.

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