MO Constantine : le bras de fer entre Boulhabib et le maire de Constantine plonge le club dans l’incertitude
Le MO Constantine traverse une nouvelle zone de turbulences. à un moment pourtant crucial de sa préparation pour la nouvelle saison. Alors que le club devrait concentrer tous ses efforts sur le recrutement et la mise en place de son effectif, il se retrouve au cœur d’un bras de fer opposant son président démissionnaire, Mohamed Boulhabib, au président de l’Assemblée populaire communale (APC) de Constantine, Charaf Bensari. Ce conflit, qui se déroule désormais sur la place publique, ne fait qu’accentuer les inquiétudes des supporters et aggrave l’instabilité d’un club déjà fragilisé par de graves difficultés financières et une incertitude persistante quant à son avenir.
Depuis plusieurs jours, les deux hommes multiplient les déclarations publiques et les échanges par médias interposés. Les vidéos diffusées par le quotidien sportif El Mouhtarif témoignent de la profonde rupture entre les deux responsables, chacun défendant sa version des faits tandis que l’avenir du club reste suspendu à cette crise.
Lorsque Mohamed Boulhabib avait pris la présidence du MOC en janvier dernier, il avait suscité un véritable regain d’espoir. Après avoir contribué au maintien de l’équipe sans, selon lui, bénéficier du soutien financier des collectivités locales, il affichait clairement son ambition de bâtir un effectif capable de lutter pour l’accession en Ligue 1.
Mais les lourdes dettes héritées du passé, les difficultés de gestion quotidienne et le manque de ressources ont progressivement rendu cette mission presque impossible. Le 21 juillet, Boulhabib a finalement présenté sa démission, estimant ne plus disposer des moyens nécessaires pour poursuivre son projet.
La rupture s’est accentuée après les déclarations de Charaf Bensari, qui avait affirmé que « des milliers de candidats » étaient prêts à reprendre les rênes du MOC. Une sortie médiatique très mal perçue par Mohamed Boulhabib, qui y voit une remise en cause des efforts consentis depuis son arrivée ainsi qu’une manière de minimiser son engagement.
Le conflit s’est ensuite déplacé sur le terrain de la gouvernance. Le président de l’APC a indiqué avoir reçu plusieurs créanciers du club afin d’étudier leurs revendications. Une initiative vivement critiquée par Boulhabib, qui considère qu’une assemblée communale ne peut se substituer aux instances dirigeantes d’une association sportive et intervenir directement dans la gestion du club.
Les aides financières de la commune constituent également un important sujet de discorde. Selon Charaf Bensari, les subventions n’ont pas pu être débloquées en raison de dossiers administratifs incomplets.
Une version rejetée par Mohamed Boulhabib, qui affirme au contraire que toutes les procédures administratives avaient été accomplies dans les délais et que rien ne justifiait le blocage des fonds.
Ces positions totalement opposées illustrent une rupture de confiance désormais profonde entre les deux parties.
Pendant que cette guerre de communication se poursuit, le Mouloudia de Constantine peine à préparer sereinement la nouvelle saison. L’incertitude autour de la gouvernance, les difficultés financières persistantes et l’absence de visibilité sur le projet sportif compliquent considérablement le travail du club.
Les supporters, eux, espèrent avant tout voir les responsables mettre fin à cette confrontation pour privilégier l’intérêt du MOC. À leurs yeux, le club a besoin d’une direction stable, d’un financement sécurisé et d’un projet sportif clair afin de retrouver les ambitions qui correspondent à son histoire.
