Le pétrole s’effondre sur l’espoir d’un accord pour rouvrir le détroit d’Ormuz
Les cours du pétrole ont fortement chuté mardi 4 août, les marchés anticipant une issue favorable aux négociations entre les États-Unis et l’Iran sur la réouverture du détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite près d’un cinquième du pétrole mondial.
Vers 15h35 , le baril de Brent de la mer du Nord, référence en Europe, est tombé sous le seuil psychologique des 80 dollars, atteignant un plus bas de 79,73 dollars avant de limiter légèrement ses pertes à 80,21 dollars, en recul de 4,25 %.
Le pétrole américain West Texas Intermediate (WTI) a également subi une forte correction. Le contrat pour livraison en septembre perdait 4,75 % à 76,52 dollars après avoir plongé de plus de 5 % au cours de la séance.
Cette chute spectaculaire intervient après les déclarations américaines laissant entrevoir la conclusion rapide d’un accord permettant la réouverture du détroit d’Ormuz, fermé depuis plusieurs semaines en raison des tensions militaires au Moyen-Orient.
Les investisseurs estiment qu’une reprise de la navigation dans cette voie maritime essentielle réduirait immédiatement les risques de perturbation de l’approvisionnement mondial en pétrole, faisant disparaître une grande partie de la « prime de risque » intégrée dans les prix ces dernières semaines.
Il y a encore quelques jours, les cours du brut évoluaient au-dessus de 90 dollars le baril, alimentés par les frappes militaires, les attaques contre des navires et les craintes d’un blocage prolongé d’Ormuz.
Le retournement est désormais spectaculaire. En l’espace de deux séances, le Brent a perdu plus de 10 dollars, tandis que le WTI est retombé nettement sous les 80 dollars, effaçant une grande partie des gains enregistrés depuis le début de la crise.
Cette correction des prix intervient alors que les grands groupes pétroliers publient des résultats particulièrement solides. Le britannique BP a plus que doublé son bénéfice net trimestriel, tandis que le géant saoudien Aramco a annoncé une hausse de 44 % de son bénéfice au deuxième trimestre, profitant de la flambée des prix observée durant les mois précédents.
Les marchés restent toutefois extrêmement volatils. Toute remise en cause des négociations entre Washington et Téhéran ou tout nouvel incident dans le détroit d’Ormuz pourrait provoquer un rebond brutal des cours dans les prochaines heures.
