La langue française et le double standard des chiens de la France
Le règne des généraux du mal dans notre pays opprimé s’écrit à l’encre de paradoxes surréalistes et de contrastes sardoniques. La distance entre ce qui est dit au petit peuple à l’intérieur et ce qui est pratiqué à l’extérieur se mesure en années-lumière et s’analyse au banc d’essai du mensonge et de la supercherie. Alors que le ministre de l’Éducation nationale s’affaire à concocter un plan stratégique pour sauver nos élèves génies de la souillure de la langue française et les éloigner de la langue de Molière, la scène éducative semble être devenue un nouveau front de libération où l’on mène des batailles contre les lettres et les mots. Les responsables donnent l’impression d’avoir éradiqué sans retour l’influence culturelle de Paris, bien que cette décision d’interdiction ait été rédigée et éditée dans la langue française elle-même.
Cependant, cette bravoure linguistique nationale s’évapore rapidement dès que l’on examine les registres des vols et les adresses de résidence dans la capitale française. Là-bas, loin des slogans de l’école algérienne populaire et du prétendu Nif et de la dignité, les enfants de l’élite étudient dans les plus prestigieuses universités de Paris. À leur tête, on trouve des personnalités telles que Sarah Sidhoum Saïd, fille d’un conseiller présidentiel. Ils s’abreuvent avec passion de la langue pernicieuse du colonisateur et se bousculent dans les couloirs des administrations françaises pour obtenir des titres de séjour permanents et la nationalité française (l’ennemie). Il semble que les langues des enfants de ces responsables possèdent une immunité particulière contre la pollution coloniale, tandis que la guerre rhétorique n’est menée que sur le dos des enfants de la pauvreté et de la précarité, qu’on cherche à convaincre que leur priver d’une langue vivante, la deuxième la plus parlée au monde après l’anglais, est un exploit souverain et héroïque. Le plus ridicule dans cette affaire est que les illusions d’affranchissement de la tutelle française s’effondrent à chaque fois que le président de la République, le clown Tebboune, s’adresse à l’égout médiatique, où les phrases françaises et la darija vernaculaire s’écoulent avec une fluidité hilarante, révélant la simplicité du discours de l’élite du pays. Loin de cette éloquence prétendue, et alors que les dirigeants du palais d’El Mouradia murmurent que l’alternative pourrait être le russe ou même le chinois, la vérité éclatante demeure que la boussole de l’élite dirigeante ne pointe jamais vers l’Est, sauf dans les discours d’Antar. Quant aux intérêts, aux diplômes et aux nationalités, ils se fixent toujours outre-mer, dans les bras de Paris elle-même et sous la bannière du colonisateur, Maman France.
