Détroit d’Ormuz : le trafic reste incertain, le pétrole poursuit sa hausse

Détroit d’Ormuz : le trafic reste incertain, le pétrole poursuit sa hausse

Les prix du pétrole restent orientés à la hausse vendredi, dans un marché de plus en plus préoccupé par les conditions de reprise de la navigation dans le détroit d’Ormuz. Les dernières propositions de Téhéran, loin de rassurer les opérateurs, renforcent les incertitudes sur l’avenir du passage maritime stratégique.

Le Brent évoluait autour de 83 dollars le baril, tandis que le WTI se maintenait au-dessus de 77 dollars. Cette progression intervient alors que la circulation dans le détroit demeure très limitée.

Selon les données de Kpler, 33 navires seulement ont traversé Ormuz entre lundi et jeudi, contre 50 la semaine précédente. Jeudi, quatre navires ont effectué le passage, dont un très grand pétrolier (VLCC) transportant près de deux millions de barils de brut irakien.

L’enjeu n’est désormais plus seulement la reprise de la navigation, mais les règles qui pourraient l’encadrer.
Le Parlement iranien examine un projet prévoyant d’interdire l’accès aux navires américains, israéliens et à d’autres navires considérés comme « hostiles ». Les contrevenants pourraient être frappés d’amendes pouvant atteindre 20 % de la valeur de leur cargaison.

Téhéran envisage également une taxe de 5 à 7 % sur les cargaisons transitant par le détroit. Oman proposerait un taux d’environ 3 %, tandis que Washington rejette toute taxation. Ces exigences font craindre une reprise sous contrôle iranien plutôt qu’un retour rapide à une circulation normale.

L’incertitude pèse directement sur le marché pétrolier. Les sanctions américaines, les difficultés de paiement et les contraintes d’assurance pourraient compliquer les opérations, même en cas d’accord politique.

Pour attirer les acheteurs, l’Irak aurait proposé d’importantes remises sur certaines cargaisons de brut de Bassorah. Mais les raffineurs chinois et indiens peinent toujours à affréter des navires, tandis que les compagnies maritimes restent prudentes face aux risques juridiques et financiers.

La situation régionale ajoute une nouvelle source d’inquiétude. Au Yémen, les Houthis ont revendiqué jeudi des attaques de missiles et de drones contre des positions dans les provinces de Marib et de l’Hadramaout.
De nouvelles frappes ont également été signalées dans la région saoudienne de Najran, faisant plusieurs blessés. Des responsables régionaux redoutent en outre une possible coordination entre les Houthis et certaines milices irakiennes, avec des infrastructures énergétiques, des ports et des aéroports parmi les cibles potentielles.

Dans ce contexte, les marchés restent particulièrement sensibles à toute évolution autour d’Ormuz. Une reprise effective de la navigation pourrait apaiser les prix, tandis qu’un durcissement supplémentaire de Téhéran ou une nouvelle escalade militaire pourrait les pousser davantage à la hausse.

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