Les généraux persistent à brandir l’épouvantail marocain pour asservir les Algériens
Chaque fois que le peuple algérien aspire à manifester pour protester contre les coupures d’eau et d’électricité, la flambée des prix et les files d’attente interminables, la junte du Palais d’El Mouradia, qui tient les destinées du peuple et accapare les richesses du pays, brandit l’épouvantail marocain pour asservir les Algériens. Cette junte souffre, d’un point de vue psychologique, d’un narcissisme collectif. Il s’agit là d’une conviction partagée par cette poignée de généraux, qui se perçoivent comme exceptionnellement uniques et grands, mais qui, dans le même temps, ressentent que leur grandeur n’est pas reconnue à sa juste valeur, bien plus, qu’ils sont méprisés, raillés et tournés en ridicule. Cette catégorie d’individus devient alors extrêmement sensible à toute critique ou observation, interprétant le moindre désaccord ou reproche comme une attaque illégitime ou une conspiration mondiale dirigée contre elle et ses succès illusoires.
D’un point de vue psycho-sociologique plus profond, cette junte souffre également d’une mentalité de siège. C’est un état psychologique collectif dans lequel la bande des généraux se sent constamment entourée d’ennemis embusqués, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Ce sentiment nourrit un discours public fondé sur la suspicion et pousse à interpréter les échecs internes comme le résultat de « complots extérieurs » plutôt que de les affronter comme des insuffisances intrinsèques, une gestion défaillante ou une incapacité à résoudre les problèmes et les obstacles. Des événements historiques spécifiques sont alors gonflés (particulièrement les « héroïsmes » illusoires des martyrs) et transformés en unique source de légitimité, à tel point que toute critique du présent est considérée comme une trahison de l’histoire et des martyrs, et non comme une tentative de réformer le pays et de corriger le mal. Ce qui est refusé d’être reconnu en interne (échec, stagnation, pauvreté, SIDA, épidémies, famine) est projeté sur l’extérieur, particulièrement sur le Maroc, un pays qui nous devance sans gaz ni pétrole. L’Autre (le voisin) devient ainsi la cause de tous les problèmes dont souffre le simple citoyen algérien, même la canicule estivale, les chutes de pluie et les inondations sont attribuées au Maroc, qui en serait responsable. Cela soulage l’âme algérienne opprimée et satisfait la rancœur et l’envie que nous portons dans nos cœurs envers toute personne réussie et heureuse dans sa vie, mais, en réalité, cela nous entrave dans notre développement et notre capacité à suivre le rythme du progrès à long terme.
