Pétrole : les cours reculent sous la pression de la demande et des incertitudes sur Ormuz

Pétrole : les cours reculent sous la pression de la demande et des incertitudes sur Ormuz

Les prix du pétrole ont nettement reculé ce jeudi sur les marchés internationaux, pénalisés par la dégradation des perspectives de demande mondiale pour 2026 et par l’espoir d’un maintien des flux pétroliers malgré les perturbations liées au conflit au Moyen-Orient. Les opérateurs restent toutefois attentifs à l’évolution de la situation dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour les échanges énergétiques mondiaux.

Le Brent, référence internationale, a cédé 1,29 dollar, soit 1,5 %, à 87,69 dollars le baril. Le West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, a pour sa part reculé de 1,30 dollar, soit 1,6 %, à 81,97 dollars.

Le marché réagit notamment aux dernières prévisions de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), qui anticipe désormais une baisse de la consommation mondiale de pétrole de 1,6 million de barils par jour en 2026, contre une diminution de 1 million de barils par jour estimée précédemment.

De son côté, l’Opep table sur une progression beaucoup plus modérée de la demande mondiale, à hauteur de 580.000 barils par jour cette année. L’écart entre les estimations des deux institutions traduit l’incertitude qui entoure les perspectives de consommation, dans un contexte de ralentissement économique, de faiblesse de l’activité industrielle et de pression sur les besoins énergétiques.

La demande chinoise constitue également un facteur important pour le marché. Elle a nettement diminué depuis le début du conflit, contribuant à absorber une partie du choc provoqué par les perturbations du trafic dans le détroit d’Ormuz. Les prix élevés des carburants, les difficultés des chaînes d’approvisionnement et la disponibilité réduite de certains produits raffinés pèsent également sur la consommation.

Malgré la faiblesse des perspectives de demande, les risques pesant sur l’offre continuent de soutenir partiellement les cours.

Le président américain Donald Trump a affirmé mercredi que les États-Unis avaient un « contrôle total » du détroit d’Ormuz et pourraient le conserver. Cette déclaration intervient alors que des attaques contre des navires continuent d’être signalées dans cette voie maritime stratégique.

L’incertitude demeure notamment sur les volumes de pétrole qui parviennent réellement à transiter par le détroit, alors qu’une partie croissante des navires circulerait avec leurs systèmes d’identification automatique désactivés.

Pour les opérateurs, une aggravation des tensions pourrait rapidement affecter la production, le transport et les exportations de brut. À l’inverse, la perspective d’une circulation plus régulière des cargaisons contribue à réduire la prime de risque intégrée aux prix.

La situation est particulièrement suivie sur le marché des produits raffinés. Selon les analystes cités par le secteur, les perturbations en provenance du Golfe affectent une région devenue avant le conflit l’un des principaux centres mondiaux de raffinage tournés vers l’exportation. Les attaques ukrainiennes continuent par ailleurs de limiter le fonctionnement de certaines raffineries russes.

Les marchés pétroliers restent ainsi confrontés à deux tendances opposées : une demande mondiale moins dynamique qui pèse sur les cours et des risques géopolitiques susceptibles de perturber l’offre.

À court terme, l’évolution des prix dépendra donc largement de la capacité du marché à maintenir les flux d’approvisionnement, de la situation dans le détroit d’Ormuz et des prochaines données sur la consommation mondiale. Une amélioration du trafic maritime pourrait accentuer la pression baissière, tandis qu’une nouvelle perturbation de l’offre serait susceptible de provoquer un rebond rapide des cours.

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