Un procès fédéral historique aux États-Unis : Meta accusé d’avoir sous-évalué l’exposition des adolescents aux contenus choquants

Un procès fédéral historique aux États-Unis : Meta accusé d’avoir sous-évalué l’exposition des adolescents aux contenus choquants

Un procès fédéral d’une ampleur exceptionnelle s’est ouvert aux États-Unis contre Meta, accusé par plusieurs États américains d’avoir exposé les jeunes à des risques importants sur Instagram et Facebook tout en minimisant publiquement l’ampleur du phénomène.

Le géant américain des réseaux sociaux, propriétaire de Facebook et d’Instagram, est accusé d’avoir conçu ses plateformes de manière à favoriser une utilisation excessive et à renforcer la dépendance des jeunes utilisateurs. Les autorités américaines estiment que certaines pratiques de l’entreprise ont contribué à exposer des mineurs à des contenus potentiellement dangereux, tout en minimisant l’ampleur du phénomène.

Les quatre États actuellement engagés dans la procédure réclament des milliards de dollars de dommages et intérêts. Ils agissent dans le cadre d’une action collective portée par 29 États américains, qui accusent Meta d’avoir notamment enfreint les règles destinées à protéger les enfants et les adolescents en ligne.

Lors des premières audiences, un avocat représentant la Californie a vivement mis en cause le modèle économique du groupe. Selon lui, Meta chercherait avant tout à attirer les utilisateurs, à prolonger leur présence sur ses plateformes et à exploiter leurs données, tout en ne révélant pas suffisamment les risques associés à l’utilisation de ses services.

Les autorités mettent également en avant les conséquences potentielles des réseaux sociaux sur la santé mentale des adolescents. Le procureur général du Colorado, Phil Weiser, a ainsi évoqué devant le tribunal le cas d’une mère dont la fille adolescente s’est suicidée après, selon lui, une exposition prolongée aux réseaux sociaux.

D’après son témoignage, l’adolescente passait de nombreuses heures en ligne et regardait régulièrement des vidéos susceptibles de lui nuire. Elle aurait également reçu des conseils en ligne l’incitant à ne pas parler de ses difficultés psychologiques à ses parents.

« Cette crise de santé mentale chez les jeunes, alimentée par les réseaux sociaux, exige des mesures », a déclaré Phil Weiser devant le tribunal, en soulignant la nécessité de renforcer la protection des mineurs sur les plateformes numériques.

Meta rejette fermement ces accusations. L’entreprise affirme que les éléments présentés au cours du procès démontreront son engagement de longue date en faveur de la sécurité et du bien-être des jeunes. Le groupe conteste notamment l’idée selon laquelle ses plateformes auraient été délibérément conçues pour rendre les adolescents dépendants.

Le procès, qui se déroule devant un tribunal fédéral à Oakland, en Californie, devrait durer entre six et huit semaines. Plusieurs hauts responsables de Meta doivent être entendus au cours de la procédure, dont son directeur général, Mark Zuckerberg.

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