Evergrande : Xu Jiayin, l’ex-roi de l’immobilier chinois, condamné à perpétuité

Evergrande : Xu Jiayin, l’ex-roi de l’immobilier chinois, condamné à perpétuité

Il fut l’un des hommes les plus riches de Chine et le bâtisseur d’un empire immobilier tentaculaire. Jeudi 20 août, Xu Jiayin, fondateur du géant Evergrande et longtemps surnommé le « roi de l’immobilier chinois », a été condamné à la prison à vie par un tribunal de Shenzhen. Le milliardaire de 67 ans voit également ses droits civiques supprimés et l’ensemble de ses biens confisqués.

Cette condamnation spectaculaire marque l’épilogue judiciaire de la chute d’Evergrande, autrefois l’un des plus puissants promoteurs immobiliers de Chine, devenu en quelques années le symbole d’une crise immobilière qui continue de peser lourdement sur la deuxième économie mondiale.

Pendant des décennies, Evergrande a profité de l’urbanisation accélérée de la Chine et de l’envolée du marché immobilier. Le groupe s’est imposé comme l’un des principaux promoteurs du pays, tandis que son fondateur, issu d’un milieu modeste, accédait au rang des plus grandes fortunes chinoises.

Mais le modèle du groupe reposait sur un endettement massif. Le durcissement des conditions d’accès au crédit décidé par Pékin afin de limiter les excès du secteur a progressivement étranglé Evergrande, qui a finalement fait défaut sur sa dette en 2021.

La crise s’est alors propagée bien au-delà du seul groupe, révélant les fragilités d’un secteur immobilier longtemps considéré comme l’un des principaux moteurs de la croissance chinoise.

Le tribunal de Shenzhen a jugé Xu Jiayin « entièrement responsable » des opérations menées par Evergrande et ses filiales. Entre 2016 et 2021, le groupe aurait notamment falsifié ses états financiers, surévalué ses actifs, dissimulé une partie de ses passifs et procédé à des levées de fonds ainsi qu’à des émissions de titres frauduleuses.

La justice lui reproche également des opérations de corruption, des détournements de fonds et la prise de contrôle d’établissements financiers par des moyens illégaux.
Selon le tribunal, ces pratiques ont « gravement perturbé l’ordre économique de marché socialiste », compte tenu notamment de l’ampleur des sommes en jeu et des conséquences économiques et sociales provoquées par l’effondrement du groupe.

Evergrande a ainsi été condamné à une amende de 8,82 milliards de yuans, soit environ 1,12 milliard d’euros. Sa filiale Evergrande Real Estate devra, elle, s’acquitter de 7 milliards de yuans supplémentaires, près de 890 millions d’euros.
Cinq autres anciens hauts responsables ont également été condamnés à des peines allant de six à dix-huit ans de prison. Au total, 56 personnes ont écopé de peines d’emprisonnement dans cette vaste affaire.

Arrêté en 2023, Xu Jiayin avait reconnu sa culpabilité et exprimé des remords devant la justice, selon les autorités judiciaires. Le procès, mené dans une grande discrétion, s’achève donc par une condamnation à la hauteur de la chute spectaculaire du groupe qu’il avait bâti.

Après son défaut de paiement en 2021, Evergrande a fait l’objet d’une procédure de liquidation judiciaire en 2024 avant d’être radié de la Bourse de Hong Kong en 2025.

Mais au-delà du sort personnel de son fondateur, l’affaire Evergrande reste le symbole d’une crise immobilière qui continue de fragiliser l’économie chinoise. L’effondrement du secteur a lourdement affecté la construction, réduit la valeur du patrimoine de millions de ménages et entamé leur confiance, contribuant à une consommation intérieure toujours atone

Partager :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *