Tunisie : la grève des chauffeurs de camions-citernes provoque le chaos dans les stations-service
Tunis — 20 août 2026 Une grève surprise des chauffeurs de camions-citernes a fortement perturbé jeudi l’approvisionnement de plusieurs stations-service en Tunisie, provoquant de longues files d’attente dans la capitale et dans plusieurs villes du pays. Face à la crainte d’une rupture des stocks, de nombreux automobilistes se sont précipités vers les stations pour faire le plein.
À Tunis et dans sa banlieue, la situation s’est rapidement dégradée. Des dizaines de véhicules se sont accumulés devant certaines stations-service, tandis que les automobilistes attendaient parfois plus d’une heure pour accéder aux pompes. Cette ruée a également provoqué des perturbations de la circulation dans plusieurs secteurs de la capitale.
La mobilisation des chauffeurs intervient alors que la Tunisie fait déjà face à des difficultés récurrentes d’approvisionnement pour plusieurs produits essentiels. Le risque d’une prolongation du mouvement fait donc craindre une nouvelle aggravation des tensions économiques et sociales.
La zone pétrolière de Radès, au sud de Tunis, s’est retrouvée au cœur de la crise. Des transporteurs de carburant ont bloqué la circulation des camions-citernes, empêchant une partie des livraisons vers les stations-service.
Or, le transport routier joue un rôle essentiel dans la chaîne de distribution. Les carburants sont acheminés depuis les dépôts des compagnies pétrolières vers les différentes régions du pays par ces camions. Une interruption, même temporaire, peut donc rapidement provoquer des difficultés dans les stations.
C’est précisément ce qui s’est produit jeudi. La diminution des livraisons a immédiatement entraîné une hausse de la demande dans les stations encore approvisionnées, accentuant les files d’attente et les craintes d’une pénurie.
Derrière cette mobilisation se trouvent principalement des revendications professionnelles. Les chauffeurs réclament notamment l’amélioration de leurs conditions de travail ainsi que l’application des augmentations salariales prévues par les accords et les dispositions de la loi de finances.
Ils demandent également le règlement de questions liées à leurs cotisations sociales. Selon des représentants syndicaux, certaines sommes auraient été prélevées sur les salaires des travailleurs sans être régulièrement reversées à la Caisse nationale de sécurité sociale.
Les chauffeurs souhaitent également l’ouverture de négociations permettant de régler durablement ces différends et d’éviter que la situation ne se reproduise.
Le secrétaire général adjoint de l’Union générale tunisienne du travail, Salwan Al-Samiri, a expliqué que le mouvement était spontané et résultait d’une accumulation de tensions professionnelles et sociales. Il a précisé qu’il ne s’agissait pas d’une grève officiellement décidée par la centrale syndicale.
Selon lui, la colère s’est progressivement étendue à plusieurs entreprises de transport de carburant. Les organisations syndicales concernées tentent désormais de calmer la situation et de favoriser une reprise rapide du travail.
Dans les stations-service de la banlieue sud de Tunis, l’inquiétude était particulièrement visible. Des automobilistes ont fait état de longues heures d’attente pour obtenir quelques litres de carburant.
Certains ont choisi de se rendre dans plusieurs stations à la recherche de pompes encore approvisionnées, contribuant ainsi à accentuer la pression sur les points de distribution.
La crainte principale est désormais que la situation ne s’aggrave si la grève se prolonge. Les automobilistes redoutent de voir apparaître des stations à sec, ce qui pourrait entraîner une nouvelle ruée vers les points de vente encore ouverts.
Une prolongation du mouvement pourrait également avoir des conséquences au-delà des seuls automobilistes. Les entreprises de transport, les taxis, les services de livraison et une partie de l’activité économique dépendent directement de la disponibilité du carburant.
Le retour des files d’attente intervient dans un contexte déjà marqué par plusieurs difficultés d’approvisionnement en Tunisie. Ces dernières années, les consommateurs ont été confrontés à des périodes de pénurie ou de forte tension concernant notamment le sucre, le café, le riz et l’huile végétale subventionnée.
Ces difficultés ont renforcé la sensibilité de l’opinion publique à toute perturbation touchant les produits essentiels. Le carburant occupe évidemment une place particulière, puisqu’une pénurie prolongée peut rapidement affecter l’ensemble de l’économie.
Une interruption durable des livraisons pourrait ainsi provoquer une réaction en chaîne : files d’attente dans les stations, ralentissement du transport routier, hausse des coûts logistiques et difficultés supplémentaires pour l’approvisionnement des commerces.
Face à la montée des tensions, les représentants syndicaux appellent les différentes parties à reprendre rapidement les négociations.
Salwan Al-Samiri a appelé à une intervention urgente afin de trouver une solution aux revendications des chauffeurs et de rétablir la distribution normale du carburant.
De son côté, le secrétaire général de l’Union générale du pétrole et des produits chimiques, Salim Al-Sahimi, a confirmé que la grève avait perturbé le transport et la distribution des carburants dans plusieurs régions.
Il a souligné que les chauffeurs réclamaient notamment l’application des augmentations prévues ainsi que le règlement des questions liées à leurs cotisations sociales.
Pour les autorités tunisiennes, l’enjeu est désormais d’empêcher une perturbation temporaire de se transformer en véritable crise nationale du carburant.
Dans les rues de Tunis, l’inquiétude est déjà palpable. Après plusieurs épisodes de pénuries touchant des produits de première nécessité, le retour des longues files devant les stations-service constitue un nouveau signal préoccupant pour les consommateurs.
