MBS à Paris : Macron déroule le tapis rouge à un partenaire devenu incontournable

MBS à Paris : Macron déroule le tapis rouge à un partenaire devenu incontournable

Longtemps persona non grata dans les capitales occidentales après l’assassinat de Jamal Khashoggi, Mohammed ben Salmane effectue un retour spectaculaire sur la scène internationale. À Paris, Emmanuel Macron reçoit pendant deux jours un prince héritier saoudien désormais considéré comme un acteur incontournable, tant sur le plan économique que diplomatique.

Il y a quelques années encore, sa simple venue à Paris déclenchait une tempête politique. Aujourd’hui, le décor a changé. Mohammed ben Salmane, longtemps mis au ban après l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, est accueilli par Emmanuel Macron pour une visite de deux jours placée sous le signe du rapprochement stratégique entre Paris et Riyad.

Le message est clair : les critiques d’hier ont cédé la place aux intérêts d’aujourd’hui.Le prince héritier saoudien, qui dirige de facto le royaume, entame son séjour par la cérémonie de clôture de l’Esports World Cup à l’Accor Arena, un événement qui symbolise à lui seul la nouvelle offensive d’influence menée par Riyad. Sport, divertissement, culture, technologies : l’Arabie saoudite investit massivement pour diversifier son économie et redessiner son image sur la scène internationale. Paris, de son côté, entend bien profiter de cette puissance financière.

Mais le véritable enjeu de cette visite se jouera au sommet de l’État. Emmanuel Macron et Mohammed ben Salmane doivent présider le Conseil de partenariat stratégique franco-saoudien, avec à la clé de nouveaux accords dans les transports, la santé et l’énergie. La France espère surtout attirer davantage de capitaux saoudiens, alors que les deux pays coopèrent déjà dans des secteurs aussi sensibles que l’aéronautique, la défense et la culture.

Le contraste avec les années qui ont suivi l’assassinat de Jamal Khashoggi est saisissant. À l’époque, Mohammed ben Salmane était devenu l’un des dirigeants les plus controversés du monde arabe. Les accusations et les condamnations internationales avaient fait de lui un interlocuteur que de nombreuses capitales occidentales hésitaient à recevoir publiquement.

Premier exportateur mondial de pétrole, puissance financière majeure et acteur diplomatique de plus en plus influent, l’Arabie saoudite est aujourd’hui difficile à contourner. La guerre qui secoue le Moyen-Orient, les tensions avec l’Iran, la question énergétique, le conflit israélo-palestinien et l’avenir de la région ont renforcé le poids stratégique de Riyad.

Pour Paris, maintenir un canal direct avec Mohammed ben Salmane n’est donc plus seulement un choix diplomatique : c’est devenu une nécessité.

La France n’a d’ailleurs pas attendu le retour général en grâce du prince héritier pour renouer avec lui. Emmanuel Macron avait été l’un des premiers dirigeants occidentaux à rétablir publiquement le contact, notamment lors de son déplacement à Djeddah, avant de recevoir MBS à l’Élysée malgré les critiques des ONG et d’une partie de l’opposition.

Quatre ans plus tard, les protestations semblent avoir perdu de leur intensité. Le pragmatisme diplomatique a pris le dessus.

Car Mohammed ben Salmane n’est plus seulement l’homme fort de l’Arabie saoudite. Il ambitionne de transformer son pays en puissance économique, culturelle et diplomatique mondiale. Avec des investissements colossaux, l’Exposition universelle prévue en 2030 et la Coupe du monde de football de 2034, Riyad entend désormais jouer dans la cour des grands.

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