Le citoyen algérien, entre les chimères de la presse des généraux et la crue réalité de l’eau usée et des logements-latrines

Le citoyen algérien, entre les chimères de la presse des généraux et la crue réalité de l’eau usée et des logements-latrines

Il semble que le monde entier traverse une crise transcontinentale du logement, mais notre chère patrie, toujours resplendissante dans les bulletins d’information officiels, a décidé d’inventer des solutions hors des sentiers battus, voire même hors de la planète Terre toute entière. Ici, où les réalisations se mesurent à la largeur des écrans et non à celle des habitations, et où la scène publique enchante les observateurs… mais uniquement à travers les écrans !

Si nous parlons du logement public, les options sont plus qu’imaginaires. Les prix ont flambé, atteignant des niveaux record, des chiffres qui exigent du Zouali qu’il travaille trois siècles d’affilée sans manger ni boire pour s’offrir un réduit exigu où il pourra loger, lui et ses enfants. Et comme le gouvernement des militaires tient à diversifier les choix, les familles misérables peuvent désormais profiter d’un tourisme exploratoire quotidien. Ceux qui préfèrent le calme et la sérénité peuvent faire des forêts, d’une beauté sauvage, leur demeure et leur refuge. Quant à ceux qui adorent l’obscurité et le silence, les tunnels et les terriers, aux côtés des rats et des cafards, seront leur résidence permanente. Et les amoureux de la nature vierge et des arômes capiteux peuvent s’établir près des décharges pour humer le parfum du développement durable et du faste insolent. En revanche, la junte au pouvoir, ses enfants et ses petits-enfants, mènent une guerre acharnée contre la pauvreté… mais dans les banques européennes et américaines. Ils sacrifient leur temps à distribuer leurs propriétés entre les capitales du monde riche, uniquement pour s’assurer que la réputation financière du pays soit présente dans les paradis fiscaux. Des âmes hautement combatives qui dépensent l’argent du peuple pour les caprices des généraux, se limitant à des voitures de luxe, des yachts et des complexes résidentiels où le soleil ne se couche jamais. Quant au citoyen misérable, à l’esprit absent, au ventre vide et aux pieds nus, tous les moyens de confort lui ont été fournis. S’il manque d’eau et de nourriture, pas de panique, car les substances récréatives et les drogues sont disponibles dans chaque commune et wilaya, à des prix modiques et en abondance, dépassant celle de l’eau du robinet. Oui, ce n’est qu’une juste répartition des priorités. Nul besoin de vêtements pour couvrir la pudeur des hommes et des femmes, tant que le temps est chaud d’accomplissements et sous le soleil ardent de l’été.

Et finalement, il semble que le Zouali, dans ce coin inconnu de la galaxie nommé notre Algérie, continuera à lutter pour sa survie, armé de la patience de Job, se contentant de regarder les images des pauvres hommes et femmes, souriant de force à la caméra lors du Journal Télévisé de 20h, portant une couffe vide qui n’apaise ni n’éteint la faim. Vivent les généraux ! Vive le développement de papier d’Oncle Abdelmadjid Tebboune ! Et que durent le bonheur et la prospérité pour le Zouali dans le tunnel le plus proche et le déchet le plus immonde…

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