OMS : la fille de Sheikh Hasina démissionne après des accusations de fraude

OMS : la fille de Sheikh Hasina démissionne après des accusations de fraude

Saima Wazed, fille de l’ancienne Première ministre bangladaise Sheikh Hasina et directrice régionale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l’Asie du Sud-Est, a annoncé sa démission mercredi, après plusieurs mois de congé administratif sans solde. Elle était visée par des enquêtes portant notamment sur des soupçons de fraude financière, de falsification de qualifications et d’acquisition irrégulière d’un terrain au Bangladesh.

La crise politique qui a emporté Sheikh Hasina continue de produire ses répercussions jusque dans les plus hauts échelons des organisations internationales. Saima Wazed, nommée en 2024 à la tête du bureau régional de l’OMS pour l’Asie du Sud-Est, a quitté ses fonctions mercredi, mettant ainsi un terme anticipé à un mandat qui devait durer cinq ans.

Sa démission intervient au terme de plusieurs mois de tensions avec l’organisation et alors que son dossier faisait l’objet d’examens internes à l’OMS ainsi que de procédures engagées au Bangladesh. Les accusations portent notamment sur des irrégularités financières et la falsification présumée de certaines qualifications universitaires. Saima Wazed conteste l’ensemble de ces accusations et affirme, au contraire, avoir été progressivement écartée de ses responsabilités.

Élue directrice régionale de l’OMS au début de 2024, elle avait pris la tête d’une région stratégique regroupant plusieurs pays d’Asie du Sud-Est. Son mandat devait normalement s’achever en 2029. Mais la chute du gouvernement de sa mère au Bangladesh a rapidement compliqué sa situation.

En mars 2025, la Commission anticorruption bangladaise avait engagé une procédure contre elle pour des accusations de fraude. Quelques mois plus tard, en juillet, l’OMS l’avait placée en congé administratif. Cette situation s’est prolongée sans rémunération, laissant la responsable pendant près d’une année sans salaire.

Selon l’OMS, un comité chargé d’examiner son dossier a recommandé sa révocation mercredi, soit la veille de l’annonce de sa démission. L’organisation assure que la procédure a été conduite dans le respect des principes d’équité et de procédure régulière. Elle affirme également devoir préserver l’intégrité de ses mécanismes internes et sa capacité à remplir son mandat.

Dans une lettre adressée au directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, Saima Wazed a livré une version radicalement différente de la situation. Elle affirme avoir perdu confiance dans la direction de l’organisation et estime avoir été progressivement empêchée d’exercer correctement les fonctions pour lesquelles elle avait été élue. Une mise à l’écart dont elle souligne également les conséquences personnelles, alors que plusieurs mois sans rémunération auraient fini par rendre sa situation financière difficilement tenable.
Cette démission intervient ainsi au terme d’une longue controverse autour de plusieurs affaires examinées par l’OMS et les autorités bangladaises. Parmi les griefs retenus figure notamment un dossier lié à des dépenses engagées lors d’un déplacement en Chine, l’organisation soupçonnant Saima Wazed de fraude financière. Dans une réponse adressée à l’OMS en juillet, ses avocats ont toutefois rejeté cette accusation, expliquant qu’il s’agissait, selon eux, d’une erreur administrative commise par un assistant chargé de traiter les demandes de remboursement.

À cette affaire s’ajoutent des interrogations concernant ses qualifications universitaires. Des accusations ont été formulées au sujet de la présentation de certains de ses titres, ce que Saima Wazed conteste également. Elle affirme notamment être titulaire d’un doctorat honorifique obtenu en reconnaissance de son travail dans le domaine de l’autisme au Bangladesh et assure avoir informé Tedros Adhanom Ghebreyesus de cette qualification.

Le dossier comporte également un volet foncier. L’OMS affirme que Saima Wazed aurait acquis de manière irrégulière un terrain au Bangladesh. Là encore, l’intéressée rejette les accusations et soutient que l’acquisition avait été réalisée avant son arrivée à l’OMS. Elle affirme en outre que cette opération était couverte par une législation bangladaise accordant une protection particulière aux familles de Sheikh Mujibur Rahman, père de Sheikh Hasina et figure historique de l’indépendance du Bangladesh.

Son départ contraint désormais l’OMS à organiser sa succession. Selon des sources citées par Reuters, le processus devrait s’étendre sur plusieurs mois, avec une annonce des candidatures qui pourrait intervenir le 12 octobre, avant un examen des dossiers en décembre. L’élection du prochain directeur régional est, quant à elle, prévue le 24 janvier.

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