France-USA : sous pression, Paris présente ses « regrets » pour débloquer la crise des ambassadeurs

France-USA : sous pression, Paris présente ses « regrets » pour débloquer la crise des ambassadeurs

Paris a finalement choisi l’apaisement. Confrontée à un bras de fer diplomatique avec Washington, la France a présenté ses « regrets » pour un message publié à la suite d’un vote controversé à l’ONU, afin de désamorcer la crise et de débloquer la nomination de son nouvel ambassadeur aux États-Unis.

La crise diplomatique entre la France et les États-Unis, partie d’un simple désaccord à l’ONU, a pris une ampleur inhabituelle. Pour tenter de tourner la page, la Mission permanente de la France auprès des Nations unies a reconnu vendredi que la publication d’un message critiquant la position américaine sur les droits de l’homme n’aurait pas dû avoir lieu.

Dans ce message publié le 25 juillet sur la plateforme X, la représentation française avait directement mis en cause l’engagement de Washington en matière de droits de l’homme, à la suite d’un vote à l’Assemblée générale de l’ONU.

Paris affirme désormais que la divergence entre les deux pays portait uniquement sur un vote et « n’avait aucun lien avec la défense des droits de l’homme ». La France assure également que cet épisode ne remet pas en cause son alliance avec les États-Unis ni leur capacité à coopérer sur les grands dossiers internationaux.

Mais derrière ce geste d’apaisement se trouve un enjeu diplomatique concret : la nomination du prochain ambassadeur français à Washington.

Les États-Unis avaient suspendu l’approbation de la nomination d’Aurélien Lechevallier, choisi par Emmanuel Macron pour succéder à Laurent Bély. Une procédure qui, en temps normal, relève presque de la formalité diplomatique, mais qui s’est retrouvée paralysée par le conflit né à l’ONU.

La réaction américaine avait été rapide. Quelques jours après les critiques françaises, l’ambassadeur des États-Unis avait quitté une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU au moment où son homologue français devait prendre la parole, signe de la dégradation des relations entre les deux alliés.

Washington a depuis accueilli favorablement le geste français. Un responsable du département d’État américain a déclaré à l’AFP que les États-Unis avaient pris connaissance de la déclaration française et l’appréciaient, ajoutant que Washington souhaitait poursuivre son travail avec Paris autour de valeurs et d’intérêts communs.

À l’origine de la crise, le vote du 24 juillet à l’Assemblée générale de l’ONU sur la prolongation du mandat de Volker Türk à la tête du Haut-Commissariat aux droits de l’homme. Les États-Unis avaient voté contre, aux côtés notamment de la Russie, du Nicaragua et de la Corée du Nord.

La position américaine avait provoqué une réaction publique de la représentation française auprès de l’ONU. Celle-ci avait alors écrit que les États-Unis, autrefois considérés comme « un phare des droits de l’homme », ne l’étaient plus.

Une formule qui avait fortement irrité Washington et transformé un désaccord ponctuel en affrontement diplomatique.

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