Présidentielle américaine : Gavin Newsom menace de jeter l’éponge si Kamala Harris se présente en 2028 — « Je n’irai pas si elle y va »
La course à la succession de Donald Trump commence déjà à agiter le Parti démocrate. Alors que Gavin Newsom apparaissait ces derniers mois comme l’un des prétendants les plus sérieux à l’investiture démocrate pour la présidentielle de 2028, le gouverneur de Californie vient de jeter le doute sur ses propres ambitions. Il a clairement indiqué qu’il pourrait renoncer à se présenter si Kamala Harris décidait de repartir à la conquête de la Maison-Blanche.
« Je n’irai pas si elle y va », a déclaré Gavin Newsom lors d’une interview accordée à CNN, en évoquant l’hypothèse d’une nouvelle candidature de l’ancienne vice-présidente de Joe Biden. Battue par Donald Trump lors de l’élection présidentielle de novembre 2024, Kamala Harris n’a, à ce stade, pas exclu de tenter à nouveau sa chance en 2028.
La déclaration de Newsom est d’autant plus remarquée que le gouverneur californien figure depuis plusieurs mois parmi les personnalités démocrates les plus citées pour prendre la relève après la défaite de 2024. Son profil, sa notoriété nationale et son opposition particulièrement virulente à Donald Trump en ont fait l’un des visages les plus visibles du Parti démocrate.
Mais plutôt que de s’engager dans un affrontement direct avec Kamala Harris, Newsom semble vouloir éviter une primaire qui pourrait laisser des traces profondes. Selon lui, une candidature simultanée des deux responsables démocrates constituerait « un cadeau » pour leurs adversaires républicains et pourrait conduire à une « destruction mutuelle assurée ».
Cette position traduit surtout une inquiétude stratégique. Une bataille entre deux figures nationales du parti risquerait de mobiliser d’importants moyens financiers et politiques avant même le début de l’élection générale. Elle pourrait également accentuer les divisions au sein d’un Parti démocrate encore à la recherche d’une nouvelle ligne après sa défaite face à Donald Trump.
Gavin Newsom n’est pourtant pas un candidat qui cherche à rester dans l’ombre. Depuis son arrivée à la tête de la Californie, il s’est progressivement imposé comme l’un des adversaires les plus offensifs du président républicain. Ses affrontements avec Donald Trump dépassent régulièrement les frontières de la politique californienne et l’ont installé au premier plan de la bataille idéologique entre démocrates et républicains.
En juin dernier, Newsom avait notamment accusé Donald Trump de téléguider des enquêtes pénales le visant, ainsi que son épouse, la documentariste Jennifer Siebel Newsom. « Donald Trump ne s’en prend pas à moi à cause de mes tweets méchants à son encontre. Il s’en prend à moi parce que j’envisage de me lancer dans la course à la présidentielle », avait-il alors déclaré.
Le gouverneur californien ne pourra par ailleurs pas briguer un troisième mandat à la tête de son État lors des élections de novembre. Cette échéance ouvre naturellement la voie à une nouvelle ambition politique et nourrit depuis longtemps les spéculations autour d’une candidature présidentielle.
Pour autant, Newsom vient de poser une condition qui pourrait modifier profondément le paysage des primaires démocrates. Si Kamala Harris reste en dehors de la course, il pourrait conserver toute latitude pour se présenter et tenter de devenir le candidat du parti. Si elle décide en revanche de revenir dans la compétition, le gouverneur pourrait choisir de se retirer.
L’ancienne vice-présidente reste en effet une personnalité incontournable du Parti démocrate malgré sa défaite de 2024. Sa décision sera donc scrutée avec attention, d’autant que le scrutin de 2028 sera particulier : Donald Trump ne pourra pas briguer un nouveau mandat présidentiel, laissant ouverte une succession qui pourrait provoquer une bataille particulièrement disputée pour la Maison-Blanche.
Chez les démocrates, cette nouvelle configuration devrait pousser plusieurs figures du parti à se positionner dans les prochains mois. Le véritable enjeu sera de savoir qui peut incarner le renouvellement après une campagne de 2024 marquée par les difficultés du parti et la victoire de Donald Trump.
Dans cette bataille encore largement ouverte, Gavin Newsom dispose d’un avantage important : il s’est déjà construit une stature nationale et a fait de son opposition à Trump l’un des axes majeurs de son action politique. Mais son dernier message montre aussi que sa stratégie dépend désormais, au moins en partie, de la décision de Kamala Harris.
Une situation pour le moins inhabituelle : alors que les démocrates cherchent encore leur futur champion, l’un de leurs principaux prétendants vient déjà de prévenir qu’il pourrait quitter la course avant même qu’elle ne commence véritablement.
