Pétrole : le Brent recule, l’offre saoudienne via Oman apaise les craintes

Pétrole : le Brent recule, l’offre saoudienne via Oman apaise les craintes

Les cours du pétrole ont reculé mercredi, après deux séances de forte hausse, alors que l’Arabie saoudite cherche à maintenir ses exportations en proposant davantage de brut aux raffineurs asiatiques via Oman. Le Brent reste toutefois au-dessus de 108 dollars le baril, dans un marché toujours sous tension en raison des perturbations affectant les infrastructures saoudiennes et du trafic très réduit dans le détroit d’Ormuz.

Le marché pétrolier a légèrement desserré la pression mercredi. Vers 09h26 GMT, le Brent pour livraison en novembre cédait 59 cents, soit 0,54 %, à 108,16 dollars le baril. Le WTI américain reculait de 1,20 dollar, soit 1,13 %, à 104,63 dollars.

Cette baisse intervient au lendemain d’une envolée de plus de trois dollars des deux références. Les investisseurs avaient alors réagi aux informations faisant état d’une suspension des chargements de brut à Yanbu, sur la mer Rouge, ainsi qu’à l’annulation de certaines livraisons destinées à des clients européens.

Ces perturbations avaient ravivé les inquiétudes sur la capacité de l’Arabie saoudite à maintenir ses exportations par la mer Rouge, alors que des attaques de drones ont endommagé son principal oléoduc reliant les zones de production au littoral.

Mais Riyad tente désormais de contourner une partie de ces difficultés. Selon des sources citées par Reuters, le royaume propose davantage de cargaisons de brut aux raffineurs asiatiques grâce à des transferts de navire à navire au large de Sohar, à Oman.

Cette possibilité a contribué à calmer les craintes d’une rupture plus importante de l’approvisionnement. « Les informations concernant les exportations de l’Arabie saoudite depuis le Golfe suggèrent que les craintes d’une perturbation plus importante s’atténuent », a estimé Giovanni Staunovo, analyste chez UBS.

Le recul des cours ne signifie toutefois pas un retour au calme sur le marché. Le détroit d’Ormuz demeure quasiment paralysé, avec seulement quatre transits de navires observés mardi, contre sept la veille et une moyenne sur dix jours de 18 passages, selon des données maritimes préliminaires.

Si le brut marque une pause, le marché des produits raffinés reste particulièrement tendu. En Europe, les contrats à terme sur le gazole ont atteint un niveau record, signe d’une forte tension sur les disponibilités.

L’Europe a notamment perdu une partie de ses approvisionnements en diesel et en kérosène en provenance du Moyen-Orient. Dans le même temps, les perturbations affectant plusieurs raffineries russes et les restrictions imposées par Moscou sur les exportations de carburants réduisent davantage les marges de manœuvre du marché.

« La vigueur du diesel reflète une pénurie spécifique à ce produit, qui s’ajoute au coût élevé du brut », explique Frank Walbaum, analyste de marché chez Naga.com.
Aux États-Unis également, la pression se fait sentir. Le prix moyen national du diesel a dépassé la semaine dernière, pour la première fois, les six dollars par gallon.Un autre élément est venu peser sur les cours : l’évolution des stocks américains.

Selon les données de l’American Petroleum Institute citées par des sources de marché, les réserves américaines de brut ont augmenté de 7,1 millions de barils au cours de la semaine achevée le 11 septembre. Cette hausse contraste fortement avec les attentes des analystes, qui anticipaient une baisse d’environ 1,6 million de barils.

Ces chiffres constituent un facteur baissier à court terme pour le marché, en signalant une disponibilité plus importante de brut et de produits raffinés aux États-Unis. Mais ils ne suffisent pas à effacer les risques liés aux perturbations géopolitiques.

Le marché reste donc pris entre deux forces contradictoires : d’un côté, une amélioration ponctuelle des perspectives d’approvisionnement grâce aux solutions mises en place par l’Arabie saoudite ; de l’autre, la persistance des tensions au Moyen-Orient, la faiblesse du trafic dans le détroit d’Ormuz et les difficultés rencontrées sur plusieurs marchés de produits raffinés.

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