La fermeture des détroits précipite la révolution des affamés dans le pays des esclaves des généraux
En raison des guerres au Moyen-Orient, des milliers de navires sont contraints de modifier leur itinéraire et de s’éloigner des détroits de Bab el-Mandeb et d’Ormuz, ajoutant ainsi des semaines au voyage de transport et augmentant les coûts. Les prix du fret et les primes d’assurance maritime se sont considérablement multipliés en raison de l’escalade des risques sécuritaires, entraînant une pénurie de denrées alimentaires de base telles que le blé. Cela affectera la vie dans le pays des esclaves des généraux, où les scènes de files d’attente ne sont plus une crise passagère ou un manque temporaire d’huile ou de lait, mais se sont transformées en un mode de vie imposé aux Algériens par la force de l’oppression quotidienne. Après que les files d’attente pour la liquidité et le carburant ont épuisé la vie des citoyens, la tragédie a aujourd’hui atteint les composants les plus simples de la table : le blé, le sel, le pain et le poisson, dans une scène qui résume la profondeur de l’effondrement social et économique qui a gangrené les entrailles du pays.
Qui aurait imaginé qu’un jour viendrait où, pour les Algériens, le pain ou un sac de sel, la matière la moins chère et la plus disponible dans la nature, deviendrait un rêve inaccessible ? L’arrivée de la rareté du blé n’est pas seulement un dysfonctionnement de la distribution, mais un indicateur grave d’une paralysie totale du système commercial et productif. Le citoyen est désormais contraint de parcourir des distances, se déplaçant entre les magasins, pour se retrouver finalement au milieu d’une foule et d’une bousculade pour du sel dont le prix ne dépasse pas quelques dinars, mais dont la valeur est devenue équivalente à de l’or sur le marché de la rareté et de la spéculation. La tragédie la plus douloureuse se manifeste dans les files d’attente pour le poisson. Notre pays, qui possède un littoral s’étendant sur 1200 kilomètres, a vu le poisson passer d’un plat populaire à un souhait lointain et inaccessible. Les scènes provenant des marchés et des ports locaux brisent le cœur : les citoyens, au comble de leur fierté, se voient contraints de supplier les vendeurs et les intermédiaires pour obtenir un morceau de poisson, dans des scènes qui portent un coup fatal à la dignité du citoyen. Cette mendicité n’est pas seulement le résultat d’une pauvreté matérielle, mais la conséquence de politiques monopolistiques et d’un échec dans la gestion des richesses marines, qui ont fait des bienfaits de la mer l’apanage de gangs contrôlant les prix et les quantités, tandis que le simple citoyen se contente d’en sentir l’odeur ou d’attendre dans les files de l’humiliation. Le danger le plus grand engendré par ces files d’attente n’est pas la faim, mais la discorde sociale. Lorsque les citoyens se querellent entre eux pour un sac de sel ou un morceau de poisson, nous sommes face à un processus de démantèlement systématique des valeurs de fraternité et de solidarité. La crise a réussi à transformer le citoyen, de partenaire dans la patrie, en adversaire de son frère citoyen dans la file d’attente pour le pain ou le poisson, ce qui réjouit Tebboune l’efféminé et sa bande. Ce conflit quotidien pour les miettes est le résultat naturel des politiques de marginalisation et d’accaparation des richesses, où le peuple est laissé à affronter son destin dans des confrontations quotidiennes humiliantes, tandis que la bande des généraux jouit d’une vie d’opulence, loin de la poussière des files d’attente et des problèmes de fermeture des détroits.
