Présidentielle française : Éric Zemmour officialise sa candidature et relance sa bataille sur l’immigration
Éric Zemmour retourne officiellement dans la course à l’Élysée. Le président de Reconquête a annoncé sa candidature à la présidentielle de 2027, renouant avec une stratégie déjà éprouvée lors du scrutin de 2022 : faire de l’immigration, de l’identité et de la place des étrangers en France le cœur de sa campagne.
Après plusieurs mois d’incertitude autour de l’identité du candidat de Reconquête, le suspense a pris fin. Zemmour a confirmé sa décision lors d’un entretien à BFMTV, après avoir préparé le terrain depuis plusieurs semaines. Il avait déjà donné le ton lors de la rentrée politique de son parti, le 13 septembre, en réaffirmant ses positions sur la « remigration » et en plaçant l’intelligence artificielle au centre d’une partie de son discours.
Cette nouvelle candidature intervient cinq ans après son entrée spectaculaire dans la bataille présidentielle. En 2022, l’ancien polémiste avait obtenu 7,07 % des suffrages au premier tour, terminant quatrième. Depuis, son parti a perdu une partie de son poids électoral et plusieurs de ses figures ont changé de trajectoire. Mais Zemmour entend désormais reprendre directement le contrôle de sa formation et occuper à nouveau l’espace politique situé à la droite du Rassemblement national.
Pour son retour, le dirigeant de Reconquête ne cherche pas à modifier en profondeur son discours. Au contraire, il assume une ligne particulièrement dure sur l’immigration.
Lors de son entretien télévisé, il a notamment défendu l’expulsion des étrangers condamnés pour des délits, des personnes en situation irrégulière ainsi que des étrangers au chômage depuis une longue période. Il a proposé qu’un étranger en situation régulière puisse être contraint de quitter la France après une période de chômage qu’il situe autour d’un an. Il a également évoqué les personnes vivant principalement des prestations sociales.
Ces propositions s’inscrivent dans le concept de « remigration » défendu par Reconquête. Le terme ne désigne pas simplement une réduction de l’immigration : dans le discours du parti, il englobe notamment le renvoi de certaines catégories d’étrangers vers leur pays d’origine.
Zemmour avait déjà placé cette notion au centre de sa rentrée politique quelques jours avant l’annonce de sa candidature. Le 13 septembre, devant les militants de Reconquête, il avait associé immigration, évolution démographique et développement technologique, soutenant notamment que l’intelligence artificielle et la robotique pourraient permettre de réduire le recours à la main-d’œuvre immigrée dans certains secteurs.
Cette nouvelle candidature ne marque donc pas une rupture avec la campagne présidentielle précédente. Elle prolonge au contraire plusieurs thèmes qui ont constitué la colonne vertébrale du discours de Zemmour depuis son entrée en politique électorale.
À la rentrée de Reconquête, le débat autour de la « remigration » a occupé une place centrale. Le parti continue d’assumer cette notion, tandis que Zemmour maintient son discours sur l’immigration extra-européenne et sur ce qu’il présente comme un risque démographique pour la France.
Le chef de Reconquête cherche cependant à élargir son discours. L’intelligence artificielle, la robotique, la fiscalité et la compétitivité économique occupent désormais une place plus importante dans sa communication.
Cette évolution doit notamment beaucoup au travail de Sarah Knafo, députée européenne et figure centrale de Reconquête. Son ouvrage consacré à la fiscalité doit servir de base à une partie du programme économique du parti. Elle défend notamment un axe fortement marqué par la baisse des impôts et une approche inspirée, sur certains aspects, du courant libertarien.
Mais sur l’immigration, le parti ne semble pas vouloir atténuer sa ligne. La « remigration », l’expulsion des immigrés condamnés et les mesures visant certaines catégories d’étrangers restent au cœur du projet.
L’annonce de sa candidature intervient dans un paysage politique où la droite radicale est déjà fortement structurée autour du Rassemblement national.
Marine Le Pen demeure une figure centrale de cette famille politique, tandis que Jordan Bardella s’est également imposé comme l’un des principaux responsables du RN. Zemmour doit donc défendre un espace politique qui n’est plus aussi largement disponible qu’en 2022.
La concurrence est d’autant plus directe que les thèmes autrefois associés principalement à Reconquête sont désormais largement présents dans le débat national. Immigration, sécurité, identité, contrôle des frontières et politique pénale sont devenus des sujets centraux dans les stratégies électorales de plusieurs formations de droite.
