Scoop : Après la mobilisation des Houthis dans le détroit de Bab el-Mandeb, l’Iran veut mobiliser l’Algérie dans le détroit de Gibraltar
Dans la stratégie de guerre iranienne, le contrôle d’un passage maritime étroit est plus décisif que la maîtrise de vastes territoires. C’est de là qu’émerge la stratégie de la « guerre des détroits », dont les contours se dessinent autour des points d’étranglement maritimes les plus cruciaux du monde, du détroit d’Ormuz dans le Golfe, à Bab el-Mandeb à l’entrée de la Mer Rouge, puis la Mer Méditerranée, jusqu’au détroit de Gibraltar. Actuellement, les détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb font déjà partie intégrante de l’équation iranienne face à l’Occident. La perturbation de la navigation à Ormuz a remodelé les marchés de l’énergie, tandis que l’influence croissante des Houthis, soutenus par l’Iran, sur la côte yéménite a accru la pression sur Bab el-Mandeb, l’un des passages les plus importants reliant l’Océan Indien à la Mer Rouge et au Canal de Suez. Par conséquent, la stratégie iranienne étend sa pression d’Ormuz à Bab el-Mandeb, puis à la Méditerranée, jusqu’à Gibraltar. C’est là que réside l’enjeu majeur : l’Algérie est une alliée de l’Iran dans son projet d’atteindre Gibraltar. L’Iran possède actuellement une stratégie éprouvée pour contrôler Gibraltar ou utiliser l’Algérie comme mandataire direct afin de mettre en œuvre un tel plan. Si les perturbations d’Ormuz et de Bab el-Mandeb se joignent aux tensions du détroit de Gibraltar en Méditerranée, l’Europe fera face à un problème stratégique qui irait bien au-delà des prix du pétrole. La question concernerait la sécurité des chaînes d’approvisionnement, du transport maritime, de l’assurance, de l’énergie et du commerce avec l’Asie et le Golfe. C’est pourquoi l’importance de Gibraltar pourrait doubler en cas de crise prolongée. Le détroit est la porte qui relie la Méditerranée à l’Océan Atlantique.
Toute tension à long terme dans les passages orientaux ferait de la sécurité maritime en Méditerranée occidentale une partie des calculs européens. Ormuz exerce une pression sur le Golfe, Bab el-Mandeb exerce une pression sur la Mer Rouge et le Canal de Suez, tandis que la Méditerranée relie l’Afrique du Nord à l’Europe et Gibraltar relie la Méditerranée à l’Océan Atlantique. Par conséquent, quiconque peut influencer ces points n’a pas nécessairement besoin de l’emporter dans une guerre conventionnelle ; il lui suffit de rendre le mouvement du commerce et de l’énergie plus coûteux et moins prévisible. C’est la véritable valeur de la guerre des détroits, qui donnera des points supplémentaires à l’axe Iran-Russie-Chine.
