RDC : plus de 4 000 morts, Barrot à Bunia appelle à ne pas relâcher la vigilance face à Ebola

RDC : plus de 4 000 morts, Barrot à Bunia appelle à ne pas relâcher la vigilance face à Ebola

Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, s’est rendu samedi 3 octobre à Bunia, dans la province de l’Ituri, au nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), au cœur de l’épidémie d’Ebola, dont le bilan a désormais dépassé les 4 000 morts. Cette visite intervient alors que les autorités congolaises et leurs partenaires poursuivent la riposte sanitaire pour contenir la propagation du virus.

Arrivé dans la matinée pour une visite concentrée sur quelques heures, Jean-Noël Barrot a commencé son déplacement par le centre de traitement de Rwampara, situé à la sortie de Bunia. Géré par l’ONG française Alima, l’établissement figure parmi les principaux sites de prise en charge des patients dans cette zone particulièrement touchée par l’épidémie.

Sur place, le ministre français a pu observer le dispositif médical déployé pour traiter les malades et protéger les personnels de santé. Le centre utilise notamment la « bulle » développée par Alima, une structure entièrement transparente permettant aux soignants de pratiquer des actes médicaux lourds tout en limitant leur exposition au virus. Le dispositif peut également être utilisé dans des situations médicales complexes, notamment pour accompagner des accouchements.

Rwampara participe également aux essais médicaux engagés dans le cadre de cette épidémie. Un traitement prophylactique y est notamment testé auprès de personnes ayant déjà été exposées au virus, avec l’objectif de réduire le risque de contamination. La recherche constitue ainsi un volet important de la riposte, aux côtés du dépistage, de la surveillance et de la prise en charge des personnes infectées ou exposées.

À Bunia, Jean-Noël Barrot a surtout appelé les populations à ne pas relâcher leur vigilance. Il a insisté sur le respect des mesures de prévention, la collaboration avec les équipes sanitaires et le signalement rapide des cas suspects. Une détection précoce permet en effet d’isoler et de prendre en charge rapidement les personnes présentant des symptômes et de limiter le risque de nouvelles transmissions.

Accompagné du professeur Jean-Jacques Muyembe-Tamfum, directeur de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) et spécialiste du virus Ebola, le ministre français s’est également penché sur l’évolution de la situation épidémiologique dans la province. Les deux hommes ont notamment évoqué les mesures mises en œuvre pour contenir la propagation du virus et renforcer la surveillance sur le terrain.

Jean-Jacques Muyembe-Tamfum a, de son côté, appelé à une mobilisation collective et au respect des recommandations sanitaires. La participation des communautés constitue un élément essentiel de la riposte, notamment pour faciliter le travail des agents de santé, identifier les personnes ayant pu être exposées et favoriser leur prise en charge dans les meilleurs délais.

Le programme de Jean-Noël Barrot devait se poursuivre par une visite du laboratoire de l’INRB à Bunia. Cette structure joue un rôle important dans le diagnostic, la surveillance épidémiologique et la recherche sur les maladies infectieuses. La présence du professeur Muyembe souligne également la place de la coopération scientifique dans la réponse à cette épidémie.

La situation reste particulièrement difficile en Ituri, où la crise sanitaire se conjugue avec des problèmes sécuritaires et humanitaires. La présence de plusieurs groupes armés complique l’accès à certaines zones et peut rendre plus difficile le travail des équipes médicales et humanitaires. La riposte doit donc composer avec des contraintes qui dépassent le seul domaine sanitaire.

Selon les données communiquées par les autorités congolaises, l’épidémie a franchi le seuil des 4 000 morts et compte plus de 8 000 cas confirmés. Ce bilan place la surveillance au centre des priorités, alors que les équipes sanitaires poursuivent l’identification des cas, le suivi des contacts et la prise en charge des personnes exposées.

Pour la France, le déplacement de Jean-Noël Barrot constitue également un signal de soutien aux autorités congolaises et aux acteurs engagés sur le terrain. Paris avait déjà consacré 13,4 millions d’euros à la réponse à Ebola entre janvier et juillet 2026 et prévoit de renforcer son aide humanitaire face à la persistance de l’épidémie.

Il s’agit du deuxième déplacement du ministre français en RDC. Jean-Noël Barrot s’était déjà rendu dans le pays en janvier 2025, où il avait rencontré le président Félix Tshisekedi. Cette nouvelle visite est principalement consacrée à la situation sanitaire dans l’est du pays, avec une attention particulière portée à l’Ituri, l’une des zones les plus touchées par l’épidémie.

Le déplacement intervient également dans un contexte politique, sécuritaire et humanitaire tendu. Avant son passage à Bunia, Jean-Noël Barrot devait notamment s’entretenir avec le ministre congolais de la Justice, Guillaume Ngefa, autour de plusieurs dossiers, dont les violences basées sur le genre et l’enquête sur la mort de la Française Karine Buisset, une humanitaire travaillant pour l’Unicef à Goma, tuée en mars dernier dans des circonstances faisant notamment état d’une frappe de drone.

Le ministre français doit également rencontrer des responsables de la Mission des Nations unies en République démocratique du Congo (Monusco). Ces différents échanges doivent permettre d’aborder les multiples dimensions de la crise congolaise, alors que les questions sanitaires restent étroitement liées aux conditions de sécurité et à l’accès humanitaire dans plusieurs régions.

À Bunia, le message de Jean-Noël Barrot reste toutefois centré sur la lutte contre Ebola : maintenir la vigilance, respecter les mesures de prévention, faciliter le travail des équipes médicales et signaler rapidement les cas suspects. Alors que le bilan dépasse désormais les 4 000 morts, les autorités sanitaires veulent éviter tout relâchement susceptible de favoriser de nouvelles chaînes de transmission.

La poursuite de la surveillance, la protection des personnels de santé, la recherche médicale et l’implication des communautés constituent ainsi les principaux leviers de la riposte. Dans une province où les contraintes sécuritaires compliquent déjà l’action humanitaire, la mobilisation de l’ensemble des acteurs apparaît comme un élément central pour contenir l’épidémie et limiter son bilan humain.

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