Bolivie : le vice-président Edmand Lara dit craindre pour sa vie et redoute une arrestation

Bolivie : le vice-président Edmand Lara dit craindre pour sa vie et redoute une arrestation

Le vice-président bolivien Edmand Lara a affirmé vendredi que sa vie était en danger et averti d’un possible projet visant à l’arrêter sur la base de fausses accusations, dans un climat de tensions marqué par une vaste opération contre des responsables soupçonnés de corruption et de liens avec le trafic de drogue.

Dans un communiqué, Lara a indiqué avoir reçu des informations faisant état d’un projet présumé visant à procéder à son arrestation et à fabriquer des éléments à charge contre lui. Il a déclaré craindre pour sa sécurité ainsi que pour celle de sa famille, sans toutefois fournir de détails permettant d’établir l’existence d’une procédure judiciaire engagée contre lui.

Le vice-président a appelé le Parlement, les procureurs, les organisations de défense des droits humains et la communauté internationale à suivre sa situation. Il a également demandé aux autorités de respecter les garanties liées à une procédure régulière.

Son intervention intervient quelques jours après l’arrestation du procureur général Roger Mariaca et de 13 autres personnes, dans le cadre d’une opération portant sur un réseau criminel présumé qui aurait infiltré une partie de l’appareil judiciaire et du parquet.

Le ministre de l’Intérieur, Marco Antonio Oviedo, accuse Mariaca d’avoir protégé des trafiquants de drogue. Selon lui, l’opération a notamment bénéficié d’informations fournies par la Drug Enforcement Administration (DEA) américaine. Roger Mariaca rejette ces accusations.

Edmand Lara avait lui-même appelé au respect de la procédure régulière dans cette affaire avant de rendre publique sa propre inquiétude concernant une éventuelle arrestation.

Les tensions autour du dossier ont également pris une dimension internationale. Les États-Unis ont révoqué cette semaine le visa de Roger Mariaca, l’accusant d’avoir accepté des pots-de-vin afin de faciliter le trafic de drogue et de permettre à des criminels d’échapper à la justice. Là encore, l’ancien procureur général bolivien conteste les accusations portées contre lui.

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a, de son côté, salué les arrestations, les présentant comme une étape dans les efforts engagés contre le trafic de drogue, la corruption et le crime organisé.

L’affaire s’inscrit dans le cadre d’une enquête plus large menée par le gouvernement bolivien sur des réseaux criminels présumés opérant au sein des institutions de l’État. Aucun lien entre Edmand Lara et cette enquête n’a toutefois été établi publiquement par les autorités.

À ce stade, le gouvernement bolivien n’a annoncé aucune accusation à l’encontre du vice-président et n’a pas confirmé l’existence d’un mandat d’arrêt visant sa personne. Les déclarations de Lara concernant un projet d’arrestation reposent donc, pour l’heure, sur les avertissements qu’il affirme avoir reçus.

La situation intervient dans un contexte où les autorités boliviennes affichent leur volonté de renforcer la lutte contre la corruption, le trafic de drogue et l’infiltration présumée des institutions par des réseaux criminels, tandis que les responsables concernés contestent plusieurs des accusations formulées contre eux.

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