Pétrole : le Brent repasse les 100 dépasse 100 dollars face aux menaces sur les approvisionnements
Le marché pétrolier a renoué avec le seuil symbolique des 100 dollars mercredi. Le Brent pour livraison en décembre a progressé de 0,7 %, à 101,27 dollars le baril, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) a gagné 0,6 %, à 88,94 dollars. Les cours sont soutenus par la multiplication des risques pesant sur les approvisionnements, alors que les tensions persistent au Moyen-Orient et qu’une tempête menace les installations pétrolières du golfe du Mexique.
La situation au Moyen-Orient demeure au cœur des préoccupations des opérateurs. Un missile tiré par les Houthis vers une zone située au nord de Riyad a été intercepté et détruit mercredi, selon un porte-parole de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite. La veille, deux aéroports saoudiens, ceux de Jazan et de Najran, avaient été endommagés par des frappes distinctes, selon l’Autorité générale de l’aviation civile du royaume.
Les attaques ont également visé le Yémen. Les Houthis ont lancé mercredi des missiles balistiques et des drones chargés d’explosifs contre l’aéroport international d’Aden. Cette multiplication des incidents alimente les inquiétudes concernant la sécurité des infrastructures et des routes d’exportation de la région, alors que le détroit d’Ormuz reste particulièrement sensible pour le commerce mondial de pétrole.
La tension s’est aussi accrue sur le front maritime. Le MT On Peace, un pétrolier battant pavillon panaméen, a été attaqué mardi. Douze membres de son équipage, dont onze ressortissants indiens, ont été blessés, selon le ministère indien des Affaires étrangères. De nouveaux incidents dans cette zone pourraient provoquer une hausse des primes d’assurance et des coûts de transport, tout en compliquant davantage la circulation des cargaisons énergétiques.
À cette pression géopolitique s’ajoute un facteur météorologique aux États-Unis. Une tempête se développant dans le golfe du Mexique a conduit les opérateurs à réduire leur production offshore de 185 120 barils par jour mardi matin, soit environ 9,2 % de la production de brut du golfe. Les compagnies ont pris ces mesures préventives alors que le système devait se renforcer rapidement et menacer les installations pétrolières et gazières de la région.
Cette interruption, pour l’heure limitée, intervient dans un marché où l’équilibre entre l’offre et la demande reste particulièrement surveillé. Les investisseurs évaluent simultanément la capacité des producteurs du Moyen-Orient à rétablir leurs volumes, les risques pesant sur le transport maritime et l’évolution des stocks mondiaux.
Les données américaines montrent toutefois une amélioration partielle de l’offre régionale. Les exportations de pétrole du Moyen-Orient ont progressé en septembre par rapport à août, malgré la poursuite des attaques. Les réductions de production de brut ont atteint en moyenne 4,8 millions de barils par jour, contre 5,8 millions en août et 10,9 millions en mai, au plus fort des perturbations.
Cette évolution traduit un rééquilibrage progressif du marché, sans pour autant dissiper les inquiétudes. Les analystes d’ING estiment que les opérateurs doivent désormais composer avec une véritable confrontation entre le rétablissement d’une partie de l’offre régionale et la persistance de menaces susceptibles de provoquer de nouvelles interruptions.
L’Administration américaine de l’information sur l’énergie (EIA) a d’ailleurs nettement relevé sa prévision de cours pour le quatrième trimestre. Elle table désormais sur un Brent à 105 dollars le baril en moyenne, soit 14 dollars de plus que dans sa précédente estimation. L’agence met en avant plusieurs facteurs de soutien : des exportations moyen-orientales encore limitées, des coûts de transport élevés et la contraction des stocks.
Sur ce dernier point, les données de l’EIA indiquent que les stocks mondiaux de pétrole ont diminué de 1,9 million de barils par jour au troisième trimestre. Une nouvelle baisse de 700 000 barils par jour est attendue au quatrième trimestre. Cette contraction réduit la marge de sécurité du marché et accroît sa sensibilité au moindre incident affectant la production ou le transport.
Le retour du Brent au-dessus de 100 dollars traduit ainsi la montée d’une prime de risque sur le marché. La reprise progressive des approvisionnements au Moyen-Orient limite pour l’instant la pression sur les volumes disponibles, mais les tensions géopolitiques, les perturbations météorologiques aux États-Unis et le niveau des stocks maintiennent les cours sous forte influence des risques liés à l’offre.
