Équateur : Luisa Gonzalez, figure de l’opposition, arrêtée dans une enquête sur le financement de sa campagne

Équateur : Luisa Gonzalez, figure de l’opposition, arrêtée dans une enquête sur le financement de sa campagne

La dirigeante de l’opposition équatorienne Luisa Gonzalez a été arrêtée jeudi 22 octobre dans le cadre d’une enquête portant sur des irrégularités présumées dans le financement de sa campagne présidentielle de 2023. Proche de l’ancien président Rafael Correa, l’ancienne candidate à la magistrature suprême dénonce des accusations « absurdes », tandis que son mouvement politique dénonce une persécution et réclame sa libération immédiate.

Selon les médias locaux, Luisa Gonzalez a été interpellée à Canuto, une localité rurale située dans l’ouest de l’Équateur, dans la province de Manabi. Le bureau du procureur général a annoncé, dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, l’exécution de mandats d’arrêt visant trois personnes soupçonnées de blanchiment d’argent. Les autorités n’ont toutefois pas détaillé publiquement l’ensemble des éléments ayant conduit à l’interpellation de l’opposante.

L’enquête, baptisée « Laberinto », porte sur de possibles irrégularités dans les contributions financières reçues pendant la campagne présidentielle de 2023. Au total, sept personnes sont concernées par les investigations, qui cherchent notamment à établir la provenance des fonds et la légalité des financements mobilisés.

Les enquêteurs examinent en particulier un réseau présumé d’entités qui aurait permis d’acheminer environ 500 000 dollars destinés aux dépenses publicitaires de la campagne, entre mai et août 2023. Selon le parquet, les sommes auraient pu être transférées de manière irrégulière, sans que l’origine des fonds ni l’identité des donateurs soient clairement déclarées.

Cette procédure s’inscrit dans le prolongement d’investigations antérieures portant sur des soupçons de financement illicite de la candidature de Gonzalez, notamment à partir de fonds qui auraient provenu du Venezuela. L’ancienne candidate a toujours rejeté les accusations de malversation. À ce stade, les soupçons examinés par la justice ne constituent pas une preuve de culpabilité.

Sur le réseau social X, Luisa Gonzalez a vivement contesté les accusations portées contre elle, les qualifiant d’« absurdes ». Elle a également comparé sa situation à celle d’une prisonnière politique et appelé ses partisans à défendre la démocratie face à ce qu’elle décrit comme une « dictature de Noboa », en référence au président équatorien Daniel Noboa.

« Je répondrai avec la dignité des Équatoriens qui ne doivent rien et qui sont engagés à obtenir la liberté pour l’Équateur et un avenir meilleur pour le pays », a-t-elle écrit à propos de son arrestation.

La réaction de son camp politique n’a pas tardé. Gabriela Rivadeneira, présidente du Mouvement révolutionnaire citoyen, dont Gonzalez est membre, a dénoncé une arrestation à caractère politique et exigé sa libération immédiate. Rafael Correa, qui a dirigé le pays de 2007 à 2017 et demeure une figure centrale de ce courant politique, a lui aussi rejeté les accusations et dénoncé une persécution. « Luisa Gonzalez a été arrêtée. ÇA SUFFIT !!!! », a-t-il écrit sur X.

Avocate et ancienne membre de l’Assemblée nationale, Luisa Gonzalez s’est imposée ces dernières années comme l’une des principales figures de la gauche équatorienne. Elle avait affronté Daniel Noboa lors du second tour de l’élection présidentielle de 2025, remporté par le président sortant avec plus de 55 % des suffrages.

Gonzalez avait contesté les résultats du scrutin, les qualifiant de frauduleux, et réclamé un nouveau dépouillement. De son côté, le gouvernement de Noboa avait accusé son mouvement de conspirer avec des groupes criminels en vue de préparer des attaques contre le chef de l’État. Ces accusations avaient contribué à accentuer les tensions entre le pouvoir et l’opposition.

Les relations entre les deux camps restent également marquées par des mesures visant le Mouvement révolutionnaire citoyen. En mars 2026, celui-ci a été suspendu de sa participation aux prochaines élections locales, prévues le 29 novembre. Cette décision intervient dans un climat de confrontation politique persistant, alors que les autorités poursuivent leurs investigations sur les soupçons de financement irrégulier.

L’arrestation de Luisa Gonzalez ouvre ainsi un nouvel épisode dans les tensions entre le gouvernement équatorien et l’opposition de gauche. Pour les autorités judiciaires, l’enjeu est de déterminer l’origine et la légalité des fonds ayant alimenté la campagne de 2023. Pour Gonzalez et ses soutiens, cette procédure s’inscrit dans une offensive politique contre leur mouvement. La suite de l’enquête devra établir les responsabilités éventuelles, tandis que les accusations de persécution formulées par l’opposition restent, elles aussi, au cœur de la controverse

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