Syrie-Jordanie : fermeture du poste-frontière de Nassib à la suite de frappes jordaniennes meurtrières

Syrie-Jordanie : fermeture du poste-frontière de Nassib à la suite de frappes jordaniennes meurtrières

a annoncé la fermeture du poste-frontière de Nassib avec la Jordanie et la suspension du trafic de passagers et de marchandises dans les deux sens, à la suite de frappes aériennes jordaniennes dans le sud du territoire syrien. Cette décision intervient dans un contexte de tensions sécuritaires, après une opération militaire menée par Amman en représailles à une attaque meurtrière contre une église orthodoxe grecque dans le gouvernorat jordanien de Karak.

L’Autorité générale syrienne des ports et des douanes a justifié cette mesure par « la situation actuelle et l’évolution de la situation sur le terrain dans le gouvernorat de Daraa ». Le poste de Nassib constitue un point de passage stratégique pour les échanges commerciaux et les déplacements entre les deux pays. Sa fermeture suspend ainsi la circulation des voyageurs et le transport de marchandises à la frontière.

Baptisée « Dissuasion jordanienne – Hamoud », l’opération militaire jordanienne a ciblé plusieurs sites dans le sud-est de la Syrie. L’armée jordanienne affirme avoir visé des repaires terroristes liés aux auteurs de l’attaque perpétrée vendredi dernier lors d’une cérémonie funéraire dans une église du village de Hamoud, dans le gouvernorat de Karak. Selon un bilan rapporté par Reuters, cette attaque a fait neuf morts et au moins 34 blessés. Aucun groupe n’a revendiqué les tirs.

D’après l’armée jordanienne, les frappes ont détruit plusieurs sites et véhicules et fait des morts et des blessés parmi les membres des organisations visées. Les autorités syriennes ont toutefois communiqué un bilan faisant état de sept morts et trois blessés lors des raids menés dans la campagne de Daraa.

L’agence de presse syrienne, citant Khaled Al-Amian, directeur de la santé de Daraa, a indiqué que les frappes avaient touché des sites à Al-Taf, dans la région d’Al-Musmiya, ainsi que des secteurs proches de Nassib et d’Al-Muzayrib.

Le gouvernement syrien a confirmé suivre de près l’évolution de la situation dans le sud du pays, tout en soulignant que l’opération militaire jordanienne n’avait pas été coordonnée au préalable avec Damas. Le ministère syrien des Affaires étrangères a également fait part à la partie jordanienne de ses réserves concernant la conduite d’opérations militaires sur le territoire syrien sans concertation préalable.

Cette divergence souligne les tensions suscitées par l’intervention jordanienne. Si Amman présente les frappes comme une réponse nécessaire à une attaque meurtrière et comme une opération contre des groupes terroristes, Damas conteste l’absence de coordination préalable et les conséquences de ces raids sur son territoire.

En parallèle, les autorités jordaniennes ont annoncé lundi l’arrestation de trois suspects dans le cadre de l’enquête sur l’attaque contre l’église. Ils ont été retrouvés dans une maison abandonnée du quartier d’Al-Jadida, dans le gouvernorat de Karak.

La fermeture du poste-frontière de Nassib témoigne ainsi des répercussions de cette affaire sur les relations entre les deux pays. Entre opérations militaires transfrontalières, désaccords diplomatiques et interruption des échanges, la situation dans le sud de la Syrie demeure sous tension.

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