Pétrole : le Brent retombe à 114 dollars, les espoirs de désescalade face aux risques au Moyen-Orient

Pétrole : le Brent retombe à 114 dollars, les espoirs de désescalade face aux risques au Moyen-Orient

Les prix du pétrole ont reculé lundi 26 octobre, après avoir atteint la semaine dernière leur plus haut niveau en près de six mois. Les espoirs d’un apaisement des tensions entre les États-Unis et l’Iran ont favorisé un repli des cours, sans dissiper les inquiétudes liées aux attaques contre l’Arabie saoudite, aux menaces pesant sur les infrastructures énergétiques et aux perturbations du transport maritime dans les détroits stratégiques de la région.

Vers 09h59 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord cédait 1,63 %, à 114,82 dollars, après avoir reculé plus tôt dans la séance à 114,51 dollars, soit une baisse de 1,89 %. Le West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, perdait environ 2 %, évoluant autour de 101 dollars le baril. Ce repli intervient après une semaine de forte progression, durant laquelle le Brent a gagné près de 6 % et le WTI 2,3 %.

Vendredi, les cours avaient clôturé en hausse de près de trois dollars, les attaques revendiquées par les Houthis contre des installations en Arabie saoudite ayant ravivé les craintes de perturbations de l’approvisionnement mondial. Les inquiétudes se sont prolongées durant le week-end : les rebelles houthis, soutenus par l’Iran, ont affirmé avoir visé un aéroport et des installations pétrolières saoudiennes samedi, tandis que Riyad a annoncé dimanche avoir intercepté de nouveaux missiles et drones.

Dans ce climat tendu, les initiatives diplomatiques ont néanmoins alimenté les espoirs d’une désescalade. Des médiateurs qataris se sont rendus dimanche à Téhéran dans le cadre d’efforts menés en coordination avec les États-Unis pour réduire les tensions régionales. Cette démarche a contribué à atténuer temporairement les craintes d’une reprise des hostilités, qui avaient largement soutenu les prix au cours de la semaine précédente.

« Les craintes de reprise des combats au Moyen-Orient, qui ont largement fait grimper les prix du pétrole la semaine dernière, se sont apaisées ce matin, mais ce répit pourrait être temporaire », a estimé Vandana Hari, fondatrice de la société d’analyse pétrolière Vanda Insights. Selon elle, les incertitudes demeurent importantes, notamment parce que le président américain Donald Trump n’a pas écarté la possibilité de nouvelles frappes contre l’Iran après les élections américaines de mi-mandat du 3 novembre. Dans ces conditions, la volatilité pourrait rester élevée, avec des risques toujours orientés à la hausse.

La guerre israélo-américaine contre l’Iran, déclenchée le 28 février, continue de peser sur les perspectives énergétiques mondiales. Les entreprises doivent composer avec les perturbations du transport maritime commercial dans le détroit d’Ormuz et celui de Bab el-Mandeb, deux passages stratégiques pour les échanges internationaux d’hydrocarbures. Le détroit d’Ormuz concentre à lui seul une part essentielle du commerce maritime mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié, ce qui rend toute interruption du trafic particulièrement préoccupante pour les pays importateurs.

La baisse des cours ne traduit donc pas nécessairement une amélioration durable de l’offre. « Bien que les risques pesant sur l’approvisionnement via le détroit d’Ormuz demeurent pleinement présents, le déclin actuel semble refléter des ajustements de position et une gestion des risques plutôt qu’une amélioration significative des fondamentaux de l’approvisionnement », a souligné Priyanka Sachdeva, responsable des études de marché chez Phillip Nova.

Les mesures prises par les producteurs témoignent également de la persistance des inquiétudes. L’Arabie saoudite a annoncé lundi que Saudi Aramco commencerait à stocker du pétrole brut à Singapour au second semestre 2027, afin de renforcer la résilience de sa chaîne d’approvisionnement dans la région. Cette initiative vise à diversifier les capacités de stockage et à mieux anticiper les risques de perturbation des flux énergétiques.

De son côté, le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie, Fatih Birol, a prévenu lundi, lors d’un événement consacré au secteur énergétique à Singapour, qu’il ne s’attendait pas à un retour des marchés de l’énergie à leur situation d’avant-guerre dès 2027. Une déclaration qui souligne l’ampleur des conséquences potentielles du conflit sur les approvisionnements et les équilibres énergétiques mondiaux.

Au-delà des tensions géopolitiques, les investisseurs surveillent également les effets de la hausse des prix sur la consommation. Des cours durablement élevés pourraient finir par freiner la demande, notamment dans les économies fortement dépendantes des importations d’énergie. Entre le risque de nouvelles attaques contre les infrastructures saoudiennes, les incertitudes autour des négociations avec Téhéran et les menaces persistantes sur les routes maritimes, le marché pétrolier reste ainsi pris entre les espoirs diplomatiques et la crainte d’une nouvelle escalade.

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