Syrie : un mort, 375 familles évacuées et des infrastructures paralysées par les inondations

Syrie : un mort, 375 familles évacuées et des infrastructures paralysées par les inondations

De violentes pluies accompagnées d’orages, de grêle et de crues soudaines ont frappé plusieurs régions de Syrie, faisant au moins un mort, contraignant quelque 375 familles à quitter des camps inondés et provoquant la fermeture de sept ponts, ponceaux et voies de passage. Dans l’est du pays, les intempéries ont endommagé des routes, submergé des habitations, perturbé les communications et menacé le fonctionnement d’infrastructures médicales essentielles. Les équipes de secours poursuivent leurs interventions dans plusieurs gouvernorats, alors que les autorités maintiennent un niveau élevé de vigilance face aux risques de nouvelles précipitations.

Selon le ministère syrien des Situations d’urgence et de la Gestion des catastrophes, les intempéries ont touché de vastes zones d’Alep, de Raqqa, de Deir ez-Zor, de Hassaké, de Homs, de Hama et de Lattaquié. Les fortes précipitations ont provoqué des crues soudaines, transformant plusieurs axes routiers en zones dangereuses et piégeant des automobilistes surpris par la montée rapide des eaux.

Les équipes d’intervention ont réussi à secourir 15 civils dont les véhicules étaient bloqués par les inondations, notamment sur la route reliant Alep à Raqqa. Un décès a néanmoins été enregistré à la suite d’un accident de la circulation lié aux mauvaises conditions météorologiques dans la campagne occidentale de Raqqa.

Dans cette région, l’effondrement d’un ponceau en terre à Kasrat Sarour a provoqué des inondations touchant plus de 100 familles. La situation est particulièrement préoccupante dans les camps de déplacés, où les eaux ont envahi les tentes et endommagé les abris. Environ 375 familles ont ainsi été contraintes d’évacuer les camps de Sahla Al-Banat, Al-Yunani et Al-Maqs, confrontées à la détérioration de leurs conditions d’hébergement.

Les opérations de secours mobilisent également des moyens aériens. Assem Ghalioun, responsable des médias et de la communication au ministère de la Défense, a indiqué que des hélicoptères de l’armée de l’air participaient aux opérations destinées à secourir les civils bloqués par les crues et les coupures de routes dans la campagne de Deir ez-Zor.

Les intempéries menacent aussi des infrastructures indispensables à la continuité des services publics. Dans la province de Hassaké, au nord-est du pays, les équipes de la Défense civile sont intervenues à l’hôpital de Ras al-Aïn pour pomper et évacuer les eaux accumulées à proximité de plusieurs installations sensibles, notamment l’unité de dialyse, la morgue et les générateurs électriques. L’intervention vise à limiter les dégâts et à préserver le fonctionnement des services médicaux essentiels.

À Deir ez-Zor, les inondations ont également endommagé le câble à fibre optique sur les liaisons reliant le gouvernorat à Homs et à Alep, entraînant des interruptions des communications. Ces perturbations compliquent les échanges dans une région déjà confrontée à des difficultés de circulation et renforcent les contraintes pesant sur les services mobilisés pour gérer la crise.

Le bilan matériel s’alourdit également sur le réseau routier. Sept ouvrages et voies de passage, dont trois ponts construits dans des vallées du gouvernorat de Deir ez-Zor et de ses environs, sont devenus impraticables. La circulation sur la route internationale reliant Alep à Raqqa a notamment été perturbée au niveau du pont Al-Salmani, à l’ouest de Tabqa.

Le gouverneur de Raqqa, Abdul Rahman Salama, a indiqué que les autorités travaillaient en coordination avec les services concernés pour rouvrir cet axe et mettre en place un itinéraire alternatif. La remise en circulation dépendra toutefois de l’évaluation des dégâts et des travaux nécessaires à la sécurisation du site.

L’ampleur des interventions se mesure aussi au nombre de demandes d’assistance adressées aux services d’urgence. Plus de 350 signalements et appels de détresse ont été enregistrés, selon le ministère, qui affirme donner la priorité aux situations mettant directement des vies en danger, avant les opérations de protection des biens et de sécurisation des routes et des installations publiques.

Les équipes ont par ailleurs mené des opérations de pompage et d’évacuation des eaux dans les rues et les quartiers résidentiels. Plus de 150 habitations ont été concernées, ainsi que des infrastructures essentielles, dont deux hôpitaux, des écoles et des boulangeries. Ces dégâts font peser des risques supplémentaires sur les populations touchées, notamment dans les zones où les déplacements et l’accès aux services restent difficiles.

Face à la dégradation des conditions météorologiques, les ministères de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur ont décidé de suspendre les cours pour la journée du jeudi 29 octobre dans les établissements scolaires et universitaires publics et privés de Raqqa, de Hassaké et de Deir ez-Zor. Cette mesure vise à réduire les déplacements et à prévenir de nouveaux accidents.

Les autorités locales poursuivent leurs opérations sur le terrain tout en renforçant leur niveau de préparation, notamment dans les régions côtières où de nouvelles précipitations sont attendues. Les services chargés de l’alerte précoce ont appelé les habitants à éviter les vallées et les zones basses pendant les fortes pluies, à ne jamais traverser un cours d’eau en crue et à se tenir à distance des ponts exposés à de forts courants.

Les consignes portent également sur la sécurisation des tentes et des objets susceptibles d’être emportés par le vent, l’éloignement des arbres isolés et des pylônes électriques, ainsi que la prudence lors des orages violents.

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