Chute des prix du pétrole : les marchés secoués par la perspective d’une offre vénézuélienne accrue
Les prix du pétrole ont enregistré une nouvelle baisse significative ce 6 janvier 2026, alors que les marchés mondiaux réévaluent l’équilibre entre l’offre et la demande à la lumière des derniers développements géopolitiques autour du Venezuela, pays détenteur des plus grandes réserves pétrolières au monde. Dans les transactions matinales, les contrats à terme sur le brut Brent se sont repliés d’environ 0,2 %, à près de 61,6 $ le baril, tandis que le pétrole léger américain West Texas Intermediate (WTI) a perdu près de 0,3 %, reflétant l’attention portée par les investisseurs à l’évolution de l’offre future.
Cette correction s’explique principalement par la spéculation grandissante selon laquelle la production pétrolière vénézuélienne pourrait augmenter, une perspective qui, dans un marché déjà bien approvisionné, exerce une pression baissière sur les cours. Les analystes estiment que si une partie des réformes politiques et économiques envisagées se matérialise, le pays de l’OPEP pourrait progressivement remonter sa production, potentiellement d’un demi million de barils par jour au cours des deux prochaines années, à condition que la stabilité politique et les investissements étrangers se maintiennent.
Cette anticipation survient dans un contexte géopolitique complexe, marqué par l’arrestation du président vénézuélien par les autorités américaines fin décembre, un événement qui a ravivé les espoirs d’une levée partielle ou totale des sanctions pétrolières imposées depuis plusieurs années. Une telle évolution permettrait de relancer l’accès aux vastes réserves du pays et d’augmenter sensiblement l’exportation de brut.
Pour l’heure, le marché du pétrole reste dominé par des facteurs structurels, tels qu’une offre globale abondante, portée par la production soutenue des principaux exportateurs et par les stocks élevés, et une demande internationale qui demeure morose, notamment en Chine et en Europe. Ces éléments combinés expliquent pourquoi les prix ont réagi plus fortement à la perspective d’une offre accrue qu’à toute incertitude géopolitique réelle.
L’incertitude persiste cependant quant à la capacité réelle du Venezuela à transformer ses promesses en volumes exportables, car son industrie pétrolière, longtemps sous-investie et fragilisée par des années de sanctions et de déclin des infrastructures, nécessite des capitaux considérables et plusieurs années de travaux pour augmenter durablement sa production. Dans ces conditions, même si l’idée d’un demi-million de barils supplémentaires par jour d’ici deux ans influence déjà les anticipations de marché et pèse sur les prix à court terme, les investisseurs gardent à l’esprit que les ajustements sur l’offre mondiale ne sont pas immédiats et que des défis importants subsistent avant qu’une réelle hausse significative de la production vénézuélienne puisse se concrétiser.
