Pétrole stable après l’apaisement des tensions en Iran – Le bras de fer sur le Groenland inquiète les marchés

Pétrole stable après l’apaisement des tensions en Iran – Le bras de fer sur le Groenland inquiète les marchés

19 janvier 2026 –Les prix du pétrole se sont stabilisés ce lundi, les marchés respirant après l’accalmie observée en Iran où la répression brutale semble avoir étouffé les manifestations massives. Cette désescalade réduit le risque d’une intervention militaire américaine susceptible de perturber les exportations iraniennes. Dans le même temps, l’attention des investisseurs se porte désormais sur la crise diplomatique autour du Groenland, qui menace de dégénérer en guerre commerciale entre les États-Unis et l’Union européenne.
À 16h50 GMT, le baril de Brent s’échangeait à 64,14 dollars (+0,02 %), tandis que le West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en février progressait légèrement à 59,51 dollars (+0,12 %). Les volumes d’échanges sont restés limités en raison du jour férié fédéral aux États-Unis (Martin Luther King Day).

Les autorités iraniennes ont annoncé avoir mis fin aux troubles civils par une répression d’une violence extrême. Les estimations du nombre de morts varient énormément, allant de 2 000 à plus de 5 000 personnes selon les sources officielles et les organisations de défense des droits humains. Face à ce bilan, le président américain Donald Trump a semblé renoncer à ses menaces d’intervention militaire directe, déclarant que les « tueries » avaient pris fin et qu’aucune action immédiate n’était envisagée.

« Les craintes d’une frappe américaine sur l’Iran se sont fortement atténuées ces derniers jours », explique Janiv Shah, analyste chez Rystad Energy. « Le marché, qui avait intégré une prime de risque importante la semaine passée, se recentre maintenant sur d’autres facteurs, notamment la situation explosive au Groenland et ses potentielles répercussions sur la demande mondiale. »

Le président Trump a intensifié sa campagne pour obtenir la souveraineté américaine sur le Groenland, territoire autonome du Danemark et membre de l’OTAN. Il a récemment menacé d’imposer des tarifs douaniers de 10 % (voire plus) sur les importations européennes tant que Copenhague et Nuuk refuseraient de négocier la cession ou le contrôle renforcé de l’île arctique.

L’Union européenne a réagi avec fermeté : un sommet d’urgence est prévu jeudi à Bruxelles pour coordonner une réponse commune. Plusieurs dirigeants européens, dont Emmanuel Macron, ont dénoncé une atteinte à la souveraineté d’un allié de l’OTAN. Les marchés boursiers mondiaux ont déjà réagi : chute des indices, dépréciation du dollar face aux valeurs refuges (yen japonais et franc suisse), et craintes d’une escalade qui pourrait peser sur la croissance mondiale et donc sur la demande pétrolière.

Les analystes soulignent également des risques haussiers liés aux prévisions de froid intense en Amérique du Nord et en Europe, qui pourraient affecter les infrastructures russes et accroître la demande de distillats. À plus long terme, l’afflux accru de pétrole vénézuélien sur la côte du Golfe du Mexique (grâce à une détente américaine) exerce une pression baissière.

Le Fonds monétaire international anticipe toutefois une croissance économique mondiale plus robuste en 2026, ce qui pourrait soutenir la demande. Pour Phil Flynn (Price Futures Group) :
« Le marché reste coincé entre des forces haussières (demande, géopolitique) et baissières (surplus d’offre, Venezuela). Nous devrions assister à une consolidation latérale dans les prochaines semaines. »

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