Pétrole : les cours dépassent les 71 $ face à l’escalade des tensions États-Unis-Iran
Jeudi 19 février 2026 –Les prix du pétrole poursuivent leur envolée ce jeudi, prolongeant le spectaculaire rebond de plus de 4 % enregistré la veille. Le Brent a franchi la barre des 71 dollars le baril en séance européenne, atteignant jusqu’à 71,55 $ (+1,7 % environ), tandis que le WTI américain s’approche des 66 $ (+1,8 % vers 66,37 $). Ces niveaux représentent les plus hauts depuis fin janvier, portés par une prime de risque géopolitique record.
Les négociations indirectes sur le nucléaire iranien, menées à Genève sous médiation omanaise, ont connu une deuxième ronde mardi 17 février. Téhéran et Washington ont évoqué des « principes directeurs » communs, mais les divergences restent profondes : les États-Unis exigent l’arrêt total de l’enrichissement d’uranium sur le sol iranien et veulent inclure le programme de missiles balistiques, ce que l’Iran rejette catégoriquement.
Le Guide suprême Ali Khamenei a réaffirmé mercredi que l’enrichissement est un « droit » et que les missiles constituent une « nécessité ». De son côté, le vice-président américain J.D. Vance a déclaré que Téhéran n’avait pas encore répondu aux « lignes rouges » fixées par Washington. Le président Trump maintient la pression : la voie diplomatique reste privilégiée, mais « toutes les options » sont sur la table.
Sur le terrain, les signaux sont alarmants. L’Iran a notifié des tirs de missiles et des exercices navals dans le détroit d’Ormuz (y compris des phases offensives avec drones et bateaux rapides). Les États-Unis ont massé une force impressionnante : le porte-avions USS Abraham Lincoln est positionné à environ 700 km des côtes iraniennes, un deuxième groupe (potentiellement l’USS Gerald R. Ford) est en route, accompagnés de destroyers, de chasseurs supplémentaires et de systèmes antimissiles. Des sources américaines évoquent une préparation pour une opération qui pourrait durer plusieurs semaines si les discussions échouent – avec des frappes possibles dès ce week-end selon certains médias.
Au-delà de la géopolitique, les données d’inventaire soutiennent la hausse. Les chiffres préliminaires de l’API (American Petroleum Institute) publiés mercredi montrent une baisse inattendue des stocks de brut (-0,61 million de barils la semaine dernière), contrastant avec les attentes d’un repli modéré ou d’une hausse. Les stocks d’essence et de distillats ont également reculé. Les données officielles de l’EIA (Energy Information Administration), attendues aujourd’hui, pourraient confirmer ce resserrement et accentuer la pression haussière.
Une percée diplomatique à Genève dans les prochaines semaines pourrait calmer les marchés et ramener les prix vers les 65-68 $. À l’inverse, une escalade militaire – même limitée – risquerait de perturber les flux dans le détroit d’Ormuz (20 % du pétrole mondial transite par là), propulsant le Brent bien au-delà des 80 $.
Pour les investisseurs et les consommateurs, le message est clair : la prime de risque géopolitique domine, et la volatilité devrait rester élevée dans les jours et semaines à venir. Les fondamentaux serrés offrent un plancher solide, mais c’est le fil diplomatico-militaire qui dicte désormais la tendance.
Les chiffres EIA de cet après-midi et tout développement à Genève ou dans le Golfe pourraient faire bouger les cours de plusieurs dollars en quelques heures.
