Pétrole : la guerre dans le Golfe propulse les prix mondiaux au-delà de 100 dollars

Pétrole : la guerre dans le Golfe propulse les prix mondiaux au-delà de 100 dollars

Les prix mondiaux du pétrole continuent leur ascension, alimentés par les attaques répétées contre les installations pétrolières dans le golfe Persique et les pays arabes voisins. Jeudi, le Brent de la mer du Nord s’échangeait à 101,59 dollars le baril sur les marchés asiatiques, tandis que le WTI américain franchissait la barre des 96 dollars.

Depuis le début de la guerre israélo-américaine contre l’Iran, les cours de l’énergie ont connu une flambée spectaculaire, atteignant 120 dollars le baril la semaine dernière. Les analystes estiment que l’absence de signes de désescalade pourrait maintenir durablement les prix entre 90 et 100 dollars le baril.

Cette hausse intervient malgré les interventions stratégiques de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Aux États-Unis, le président Donald Trump a annoncé le déblocage de 172 millions de barils des réserves stratégiques pour stabiliser le marché. L’AIE recommande, de son côté, la libération de 400 millions de barils à l’échelle mondiale, ce qui constituerait l’opération la plus importante de ce type depuis les années 1970.

Cependant, la situation reste critique. Les attaques iraniennes contre des pétroliers et terminaux se poursuivent. Jeudi matin, des bateaux iraniens transportant des explosifs ont incendié deux pétroliers dans les eaux irakiennes, tandis que trois navires commerciaux ont été touchés par des projectiles dans le golfe Persique, causant la mort d’un membre d’équipage. Le ministère saoudien de la Défense a également annoncé l’interception d’un drone dirigé vers le champ pétrolier de Chebaa.

Les commandants de la Garde révolutionnaire iranienne ont averti qu’ils n’autoriseraient pas le passage du pétrole par le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ un cinquième de la production pétrolière mondiale. Face à cette menace, les pays du G7 – États-Unis, Canada, Japon, Italie, Royaume-Uni, Allemagne et France – envisagent d’escorter les navires pour garantir la libre circulation dans le golfe Persique.

Les marchés financiers ont ressenti ces tensions : Wall Street a reculé, et les Bourses asiatiques ont suivi la même tendance. Donald Trump a déclaré que la décision de l’AIE permettrait de « faire baisser considérablement les prix du pétrole et de mettre fin à cette menace pour les États-Unis et le monde ».

La guerre dans le golfe Persique laisse planer une incertitude majeure sur l’approvisionnement et les prix à court et moyen terme. Le 11 mars, Ebrahim Zolfaghari, porte-parole du commandement militaire iranien, a averti que le pétrole pourrait atteindre 200 dollars le baril en raison des actions déstabilisatrices des États-Unis dans la région.
Ces avertissements semblent fondés : Farhan Al-Fartousi, directeur de l’Autorité portuaire irakienne, a confirmé que des groupes armés non identifiés ont attaqué et incendié deux navires transportant du carburant irakien dans les eaux territoriales irakiennes.

Pour calmer le marché, l’AIE recommande donc aux pays membres de libérer 400 millions de barils de leurs réserves stratégiques, dont la plus grande part provient des États-Unis. Par ailleurs, Pékin a interdit l’exportation de carburants raffinés à compter de mars 2026, privilégiant la sécurisation de l’approvisionnement national et la prévention de pénuries éventuelles.

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