Gaz algérien : des accusations environnementales teintées de motivations politiques et discriminatoires
Dans un contexte de crise énergétique mondiale exacerbée par les tensions au Moyen-Orient, un rapport publié récemment par une organisation européenne a ciblé le gaz algérien, accusant le pays de pollution et de pratiques de torchage dans ses gisements. Cette attaque intervient à un moment où l’Europe, confrontée à des besoins énergétiques pressants, dépend fortement de fournisseurs fiables.
Tawfiq Hosni, expert en énergie et ancien ingénieur de Sonatrach, observe que ce rapport dépasse largement les considérations environnementales : « Le document semble viser spécifiquement les importations de gaz algérien par l’Espagne et contient des affirmations de nature politique, voire discriminatoire, à l’égard de l’Algérie. »
Le rapport émane du réseau « Le gaz n’est pas une solution », coalition d’organisations environnementales et de mouvements citoyens européens opposés à l’expansion des infrastructures gazières. Selon Hosni, la démarche de ce réseau n’est pas neutre : elle cherche à contraindre les décideurs européens et les institutions financières, telles que la banque Santander, à abandonner le gaz fossile au profit exclusif des énergies renouvelables.
Le rapport insiste sur la « dépendance structurelle » de l’Espagne au gaz algérien, qui représentait près de 34,57 % des importations espagnoles en 2025, malgré les tensions diplomatiques régionales. Il met également en avant le torchage de gaz associé dans les champs pétroliers, affirmant que l’Algérie se classe au sixième rang mondial, avec Sonatrach responsable d’environ 80 % des opérations générant des émissions de méthane.
Pour Hosni, ces accusations ignorent le contexte géopolitique et économique mondial. « Dans la situation actuelle, marquée par les crises au Moyen-Orient et les perturbations des corridors énergétiques, un tel rapport perd toute pertinence », explique-t-il. Il souligne également que l’Accord de Paris sur le climat, souvent cité, n’est plus strictement respecté à l’échelle mondiale en raison des contraintes économiques et de la croissance rapide des besoins énergétiques.
Face aux critiques, Hosni rappelle le rôle central de l’Algérie comme fournisseur fiable : « Plus de 60 % du gaz exporté est utilisé pour la production d’électricité, garantissant ainsi la sécurité énergétique de l’Espagne. » Il souligne par ailleurs que l’Algérie dispose d’un potentiel énorme en énergies renouvelables, notamment solaire thermique et photovoltaïque, capable de répondre à l’ensemble des besoins européens en électricité verte, à des coûts compétitifs, si les interconnexions électriques entre les deux rives de la Méditerranée étaient développées.
Pour l’expert, la solution durable passe par une approche intégrée : renforcer les interconnexions électriques et exploiter pleinement le potentiel des énergies propres permettrait non seulement de réduire la dépendance aux énergies fossiles, mais également de respecter l’esprit de l’Accord de Paris sur le long terme. « Avec cette stratégie, l’Algérie pourrait jouer un rôle clé dans la transition énergétique européenne, tout en maintenant ses engagements contractuels et en assurant une sécurité énergétique fiable », conclut Hosni.
