Pétrole : le Brent s’envole au-delà de 115 dollars après les frappes iraniennes sur le Golfe

Pétrole : le Brent s’envole au-delà de 115 dollars après les frappes iraniennes sur le Golfe

Le marché pétrolier mondial connaît une flambée historique ce jeudi, conséquence directe des attaques iraniennes contre des installations stratégiques dans le Golfe. Vers 11h00 GMT (12h00 à Paris et Rabat), le baril de Brent, référence mondiale, a bondi de plus de 8 % en séance, atteignant des pics intraday compris entre 116 et 119 dollars avant de se stabiliser autour de 114-116 dollars, après une clôture de la veille située autour de 107-108 dollars.

Cette hausse spectaculaire porte le gain cumulatif depuis le début du conflit fin février à plus de 60 %, le Brent ayant démarré l’année à environ 72 dollars, tandis que le WTI américain (West Texas Intermediate) progresse plus modérément de 2 à 4 %, flirtant avec les 96-100 dollars le baril, ce qui reflète une prime de risque plus forte sur le Brent, sensible aux perturbations maritimes dans le Golfe.

Cette envolée résulte des représailles iraniennes après la frappe israélienne sur le gisement gazier géant de South Pars, partagé avec le Qatar, puisque les Gardiens de la Révolution ont ciblé plusieurs installations clés, dont les complexes gaziers qataris, notamment Ras Laffan, hub mondial du GNL, endommagé de façon « extensive », ainsi que des raffineries et terminaux pétroliers en Arabie saoudite, au Koweït et aux Émirats arabes unis, incluant des zones déjà touchées comme Fujaïrah.

Ces attaques par missiles et drones ont provoqué incendies, interruptions de production et évacuations, aggravant la paralysie du détroit d’Ormuz, par lequel transite près de 20 % du pétrole et du gaz mondial, et les marchés anticipent désormais un choc d’offre prolongé avec des pertes de production estimées en millions de barils par jour, une hausse des coûts d’assurance et de fret, et une prime de risque géopolitique extrême.

Le président américain Donald Trump a réagi en affirmant qu’Israël avait agi « sous l’effet de la colère » et que South Pars ne serait plus visé, tout en menaçant d’une riposte massive incluant la destruction totale du champ si l’Iran persistait dans ses actions contre ses alliés du Golfe, tout en niant toute implication préalable de Washington dans la frappe israélienne.

Les conséquences se font déjà sentir avec une hausse des prix à la pompe en Europe, et ailleurs, des tensions sur le marché du gaz naturel, une volatilité accrue sur les Bourses mondiales et une inquiétude grandissante sur l’inflation et la récession si l’escalade se poursuit.

Les analystes préviennent qu’en l’absence de désescalade rapide, le baril pourrait tester les 120 dollars, marquant l’un des chocs énergétiques les plus graves depuis des décennies, tandis que le monde observe avec attention les évolutions militaires et diplomatiques, suspendu au cœur des artères vitales de l’énergie mondiale.

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