Le régime des généraux dans sa schizophrénie la plus crue : le bourreau se pose en victime des opposants
Dans un spectacle surréaliste qui expose au grand jour le profond déséquilibre mental du pouvoir militaire algérien, les généraux d’El Mouradia continuent de multiplier les déclarations grandiloquentes et les communiqués larmoyants sur la souveraineté nationale. Ils accusent à tort et à travers les États arabes et africains de traquer leurs opposants sur le sol européen, comme si Alger détenait le monopole de la vertu internationale. Cette comédie grotesque révèle pourtant un régime lâche qui n’a laissé aucun recoin du vieux continent sans tenter d’y semer la terreur par des opérations d’enlèvement et d’élimination qui ont toutes tourné au fiasco.
Pendant que les généraux fanfaronnent en prétendant respecter les normes internationales, la réalité pourrie se cache derrière les barreaux des tribunaux français. Plus d’un an après l’enlèvement de l’influenceur et opposant Amir Boukhors, connu sous le nom d’Amir DZ, la justice française a mis en examen, en avril 2025, trois individus dont un employé de l’un des consulats d’Algérie en France. Les chefs d’accusation sont lourds : enlèvement, séquestration arbitraire et association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste. L’affaire a éclaté au grand jour quand Amir DZ a été kidnappé le 29 avril 2024 dans le Val-de-Marne, en région parisienne, avant d’être libéré après une séquestration d’environ 27 heures. Les investigations ont directement conduit jusqu’à l’un des consulats algériens, prouvant que les représentations diplomatiques algériennes ne servent plus à protéger la communauté, mais sont devenues de véritables bases arrière des services secrets pour museler les voix dissidentes.
Cette honte n’est pas isolée. Elle s’inscrit dans une série noire. Le journaliste Hichem Aboud, critique implacable du régime, a échappé de justesse le 17 octobre 2024 à une tentative d’enlèvement en plein Barcelone, orchestrée selon ses dires et les enquêtes espagnoles par les mêmes services algériens. Des hommes armés et cagoulés l’ont intercepté avant que la Guardia Civil ne le retrouve sain et sauf à Lebrija, près de Séville. Ces opérations ne visent pas seulement des personnes, elles portent un coup direct à la liberté d’expression et montrent jusqu’où le délire de toute-puissance du régime peut mener.
Le cynisme atteint son sommet quand les mêmes généraux qui envoient des commandos pour kidnapper des journalistes et des opposants à Paris ou à Barcelone osent donner des leçons de droits de l’homme et accuser les autres de pratiques qu’ils exercent avec un acharnement maladif. Cette schizophrénie politique est totale : ils voient la paille dans l’œil du voisin tout en ignorant la forêt de crimes qui gangrène leur propre système. La peur panique qui habite le cœur des militaires explique cette rage à traquer les Algériens honnêtes jusqu’au bout du monde. Un simple direct ou un article suffit à faire trembler un pouvoir qui ne survit que grâce au renseignement pétrolier, au pillage organisé et au mensonge permanent.
En se comportant comme une vulgaire bande mafieuse qui piétine tous les traités internationaux, le régime militaire algérien ne fait que signer son propre aveu d’impuissance. Incapable d’affronter les arguments par les arguments sur son propre sol, il recourt aux méthodes nocturnes des voyous : traîtrise, enlèvements et tentatives d’assassinat. Le masque est tombé depuis longtemps. Le monde ne voit plus en Alger qu’une clique hors-la-loi prête à tout pour étouffer la vérité.
Cette chasse obsessionnelle aux opposants à l’étranger traduit surtout l’échec cuisant à l’intérieur. Un pouvoir qui craint à ce point la parole libre est un pouvoir fini, conscient que sa légitimité s’est envolée depuis belle lurette. Les Algériens, eux, retiennent la leçon : ceux qui prétendent défendre la souveraineté nationale sont les premiers à la souiller en transformant les consulats en repaires d’espions et en faisant de la diplomatie un outil de crime organisé. Le jour du règlement de comptes approche, et ni les rodomontades ni les faux-semblants ne sauveront les généraux de la colère populaire qu’ils ont eux-mêmes nourrie par leur arrogance et leur barbarie.
