Le Brent dépasse les 110 dollars : le marché pétrolier sous tension dans l’attente d’une issue sur Ormuz

Le Brent dépasse les 110 dollars : le marché pétrolier sous tension dans l’attente d’une issue sur Ormuz

Mardi 28 avril Les cours du pétrole poursuivent leur ascension et franchissent un nouveau seuil symbolique. Le baril de Brent s’échange désormais au-delà des 110 dollars, une première depuis plusieurs mois, dans un contexte de crispation géopolitique persistante autour du détroit d’Ormuz, passage stratégique du commerce mondial des hydrocarbures.

Vers 09h10 GMT le Brent de la mer du Nord pour livraison en juin progressait de 2,53 % à 110,97 dollars, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) américain gagnait 2,97 % à 99,23 dollars.

Cette envolée s’explique principalement par l’impasse diplomatique entre Washington et Téhéran. Malgré un cessez-le-feu fragile en vigueur depuis près de trois semaines entre les États-Unis et l’Iran, les discussions visant à stabiliser la région et à rouvrir pleinement le détroit d’Ormuz restent dans l’impasse.

Téhéran a de nouveau durci le ton mardi, affirmant que les États-Unis ne sont plus en mesure de « dicter leur politique » aux autres États, alors que Washington étudie une nouvelle proposition iranienne censée mettre fin au conflit régional.

Dans ce climat de méfiance généralisée, les deux parties campent sur leurs positions, empêchant toute avancée significative vers une désescalade durable.

Le détroit d’Ormuz, l’un des points de passage les plus sensibles du commerce mondial de pétrole, reste au cœur des tensions. Selon les analystes, les flux y sont fortement perturbés.
« Il se dessine peu à peu l’image d’un marché pétrolier qui n’anticipe plus une réouverture rapide du détroit d’Ormuz », analyse Arne Lohmann Rasmussen, expert chez Global Risk Management.

Avant la crise, environ 20 millions de barils par jour transitaient par ce couloir maritime. Aujourd’hui, ce volume serait tombé à environ 5,1 millions de barils quotidiens, selon les estimations de DNB Carnegie.

Face au blocage partiel du détroit, les exportateurs ont dû réorganiser leurs flux. Une partie des cargaisons est désormais redirigée via des itinéraires de contournement, notamment par le port saoudien de Yanbu et celui de Fujairah aux Émirats arabes unis.

Si ces alternatives permettent d’éviter totalement Ormuz, elles ne suffisent pas à compenser la perte de fluidité du trafic maritime, accentuant les tensions sur l’offre mondiale.

les marchés pétroliers restent dominés par la nervosité et les anticipations de pénurie. Tant que la situation géopolitique autour d’Ormuz ne se stabilise pas, les analystes s’attendent à une volatilité élevée des prix, avec un risque de nouvelles poussées haussières si les flux venaient à se contracter davantage.
Le franchissement du seuil des 110 dollars pourrait ainsi ne pas être un pic isolé, mais le signe d’une nouvelle phase d’instabilité structurelle du marché énergétique mondial.

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