Tebboune, le président de la pomme de terre dans le pays des files d’attente

Tebboune, le président de la pomme de terre dans le pays des files d’attente

Dans un précédent sans équivalent dans l’histoire diplomatique depuis la Renaissance, le chef inspiré a décidé de briser les tabous des palais présidentiels et des protocoles républicains. Alors que les dirigeants du monde s’essoufflent sur les dossiers de l’intelligence artificielle, de la conquête de Mars et de l’enrichissement de l’uranium, notre président bien-aimé a choisi de descendre sur le véritable terrain : celui de la pomme de terre, de la banane et de la crise du gonflage des pneus.Il réside une ingéniosité singulière dans le choix de la langue française pour disserter sur la pomme de terre. Il semblerait en effet que parler de la Patate puisse heurter la pudeur du citoyen démuni, le zaouali, ou l’extirper de sa léthargie.
En revanche, lorsque l’expression « la pomme de terre » est prononcée avec un accent présidentiel, la pénurie d’approvisionnement se métamorphose soudainement en une crise logistique teintée d’une touche parisienne. Oui, cher citoyen malheureux, il s’agit bien d’une stratégie d’anesthésie linguistique.
Le zaouali, englué dans les files d’attente de l’humiliation et de la honte, éprouve une forme de distinction en entendant son président lui exposer les raisons de la cherté de la vie dans la langue de Voltaire. C’est comme si la présidence murmurait : peu importe que tu affames, pourvu que cela se fasse selon un protocole français de haut rang.L’inventivité ne s’arrête pas là, elle transcende toutes les coutumes internationales.
Au moment même où le monde guette un discours sur la politique étrangère ou la croissance économique, nous nous retrouvons devant un bulletin météo agricole décortiquant la crise de la rareté de la banane, devenue le curseur de la prospérité des peuples dans la rhétorique officielle du saltimbanque Tebboune. Vient ensuite le tour du gonflage des pneus, référence géniale à une industrie nationale qui semble commencer et s’éteindre aux frontières des pompes à air. Qu’un chef d’État évoque la pomme de terre lors d’un forum international ou d’un discours officiel n’est pas une faiblesse ; c’est une humilité présidentielle qui rapproche le gouverneur naïf du couffin du gouverné misérable, quand bien même ce couffin demeurerait désespérément vide.
Les experts et les analystes politiques s’accordent à dire que le protocole a été conçu pour préserver le prestige et la stature de l’État. Pourtant, notre président bien-aimé a décrété que la véritable prestance consistait à débattre du prix des tomates sous les projecteurs des médias internationaux. Ce virage place la présidence dans la catégorie des dirigeants sots du nouveau monde, ceux qui ont dépassé le stade de la planification stratégique pour basculer dans celui de la gestion aléatoire au quotidien.
Abdelmadjid Tebboune a ainsi réussi à ériger la pomme de terre au rang de cause d’opinion publique mondiale, à tel point que les observateurs politiques se demandent désormais si nous sommes face à un chef d’État ou à un fellah des marchés de gros, les pieds maculés de la boue de la terre. Entre la langue du colonisateur qui panse psychologiquement les plaies du pauvre et la banane érigée en rêve national, le régime militaire barbare prouve jour après jour que l’esprit sain réside dans le couffin vide, et que toute velléité de revendication des droits spoliés peut être immédiatement étouffée par un élégant discours en français sur les tactiques de gonflage des pneus et de la culture de la patate.

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