Les cours du pétrole repartent à la hausse face aux tensions au Sud-Liban et aux perturbations maritimes
Les cours du pétrole repartent à la hausse alors que le conflit s’intensifie au Sud-Liban et que le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz demeure fortement contraint. Le Brent, référence internationale, a inversé sa tendance baissière en gainant 0,65% vendredi, après un repli intrajournalier de près de 0,9%, signalant une nouvelle phase de volatilité sur les marchés énergétiques mondiaux.
À 6h30 GMT, le contrat à terme sur le Brent pour livraison en août s’établissait à 80,37 dollars le baril, repassant au-dessus du seuil psychologique des 80 dollars pour la première fois depuis mercredi. Cette remontée intervient alors que Washington et Téhéran restent dans l’impasse diplomatique, et que des pétroliers et méthaniers ont de nouveau emprunté la voie maritime stratégique après des semaines de paralysie quasi-totale.
Les frappes israéliennes au Sud-Liban ont fait au moins 16 morts et fragilisé l’accord de cessez-le-feu négocié entre les États-Unis et l’Iran. De nouveaux affrontements entre l’armée israélienne et le Hezbollah ont également coûté la vie à quatre soldats israéliens, selon les médias locaux.
L’armée israélienne a appelé mardi soir tous les bateaux à quitter le littoral du Sud-Liban, de la frontière avec Israël jusqu’à la ville de Tyr, ouvrant une nouvelle phase maritime du conflit. Cette mesure d’évacuation de près de 60 kilomètres de côte a directement affecté les pêcheurs libanais, déjà exaspérés par le blocus maritime.
Une rencontre prévue en Suisse entre responsables américains et iraniens a été annulée, apparemment en lien avec ces hostilités renouvelées, même si le détroit d’Ormuz reste pour l’instant navigable.
Malgré le transit de quelques navires, le trafic dans le détroit d’Ormuz demeure une fraction des niveaux d’avant-guerre. Le passage, qui accueillait habituellement 120 à 130 navires par jour, voit aujourd’hui un flux considérablement réduit : seulement 4 à 7 navires par jour.
Plus de 500 navires seraient actuellement immobilisés ou en attente de quitter le golfe Persique, alors que le détroit d’Ormuz constitue un maillon essentiel du commerce énergétique mondial, assurant à lui seul près de 20 % des exportations de pétrole de la planète. Jeudi, trois superpétroliers saoudiens, transportant ensemble près de 6 millions de barils de brut, ont franchi le passage après avoir maintenu leurs transpondeurs éteints durant plusieurs semaines, signe de la persistance des risques sécuritaires.
La prudence demeure en effet de mise parmi les armateurs. Depuis près de quatre mois, les menaces et les attaques se sont multipliées dans la région. Selon les données de l’Organisation maritime internationale, au moins 46 incidents ont été signalés aux abords du détroit depuis la fin du mois de février, causant la mort de 14 marins. À cette insécurité s’ajoute la crainte de la présence de mines navales iraniennes dans certaines zones maritimes. Leur localisation et leur neutralisation nécessiteraient des opérations de déminage particulièrement délicates, susceptibles de s’étendre sur plusieurs semaines, retardant davantage le retour à une circulation normale.
