Pétrole : les prix chutent de 20 % depuis fin mai, les marchés misent sur l’apaisement entre Washington et Téhéran

Pétrole : les prix chutent de 20 % depuis fin mai, les marchés misent sur l’apaisement entre Washington et Téhéran

Les cours mondiaux du pétrole poursuivent leur repli, sous la pression d’un double mouvement : la diminution des inquiétudes géopolitiques au Moyen-Orient et les perspectives jugées faibles de la demande, notamment en provenance de Chine, premier importateur mondial de brut.

Mardi 30 juin, les références internationales ont encore reculé. Le Brent de la mer du Nord pour livraison en août a perdu environ 1 %, s’établissant autour de 72,40 dollars le baril, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) américain reculait de 0,8 %, à environ 70,18 dollars. Depuis la fin du mois de mai, les deux références ont abandonné près de 20 %, revenant à des niveaux proches de ceux observés avant la montée des tensions régionales.

Cette correction traduit l’amélioration du climat sur les marchés après l’annonce de discussions entre les États-Unis et l’Iran à Doha. Les investisseurs espèrent qu’un compromis diplomatique pourrait réduire les risques de perturbation des exportations énergétiques du Moyen-Orient, même si la situation reste fragile autour du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial du pétrole.

Selon les analystes de KCM Trade, les prix intègrent désormais l’espoir d’une issue favorable aux négociations, mais les opérateurs restent prudents tant que la reprise complète du trafic maritime dans la région n’est pas confirmée.

Le détroit d’Ormuz demeure ainsi au cœur des préoccupations. Les discussions autour de la réorganisation des routes maritimes impliquant des acteurs régionaux, notamment l’Iran et Oman, pourraient influencer la stabilité du transport énergétique. Toutefois, l’absence de dialogue direct annoncé entre Washington et Téhéran entretient encore une part d’incertitude.

Sur le front économique, la faiblesse persistante de la demande chinoise pèse également sur les cours. Sparta Commodities estime que le marché attend toujours des signes concrets d’une reprise de la consommation dans le géant asiatique, sans véritable amélioration attendue à court terme.

À l’inverse, l’évolution du trafic maritime dans le Golfe contribue à rassurer les marchés. Les données disponibles indiquent que le passage des navires dans le détroit d’Ormuz a atteint récemment son niveau le plus élevé depuis plusieurs années, montrant les efforts des producteurs du Moyen-Orient pour maintenir leurs exportations de pétrole brut et de gaz naturel liquéfié.

Cette combinaison de facteurs — apaisement diplomatique, maintien des flux énergétiques et inquiétudes sur la demande mondiale — limite pour l’instant toute nouvelle flambée des prix. Mais les marchés restent suspendus à l’évolution des discussions entre Washington et Téhéran, conscients qu’un nouvel épisode de tension pourrait rapidement inverser la tendance.

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