Pétrole : le Brent rebondit de plus de 1 % vers 99 dollars après le rejet par Trump du plan iranien sur Ormuz

Pétrole : le Brent rebondit de plus de 1 % vers 99 dollars après le rejet par Trump du plan iranien sur Ormuz

Les cours du pétrole ont rebondi lundi 28 septembre, dans un marché de nouveau dominé par les incertitudes autour du détroit d’Ormuz. Le Brent pour livraison en décembre a progressé jusqu’à 1,3 %, à 98,64 dollars le baril, tandis que le WTI américain pour livraison en novembre gagnait jusqu’à 1,5 %, à 93,80 dollars. Le mouvement intervient après le rejet par Donald Trump d’une proposition iranienne visant à instaurer une trêve de sept jours et à permettre la réouverture du détroit stratégique.

À 08h51 GMT, le Brent de la mer du Nord avançait encore de 2,53 %, à 106,90 dollars, tandis que le WTI progressait de 1,43 %, à 93,84 dollars. Cette évolution illustre la forte volatilité du marché, alors que les opérateurs réévaluent les risques pesant sur les approvisionnements énergétiques au Moyen-Orient.

Le détroit d’Ormuz reste au cœur des préoccupations. Avant le conflit, cette voie maritime assurait le passage d’environ un cinquième des hydrocarbures mondiaux. Toute perspective de prolongation des perturbations fait donc peser un risque direct sur les flux pétroliers et gaziers.

La hausse des cours intervient après le rejet, samedi 26 septembre, par Donald Trump, d’une proposition iranienne prévoyant une trêve de sept jours et une réouverture du détroit au terme de cette période. L’initiative, présentée en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York et transmise aux États-Unis par l’intermédiaire du Qatar, visait à créer les conditions d’une reprise des discussions entre Washington et Téhéran.

Selon les conditions avancées par Téhéran, les États-Unis devaient notamment lever leur blocus maritime des ports iraniens, débloquer certains avoirs et accorder des dérogations aux sanctions visant les exportations pétrolières. En contrepartie, l’Iran se disait prêt à rouvrir Ormuz au septième jour du cessez-le-feu, avant l’ouverture de discussions plus larges sur le programme nucléaire et d’autres dossiers.

Donald Trump a toutefois rejeté cette proposition, estimant que Téhéran cherchait à obtenir des concessions avant l’ouverture de véritables négociations. Le représentant américain auprès de l’ONU, Mike Waltz, a également exprimé des doutes sur la crédibilité de la démarche iranienne et sur la possibilité de parvenir, dans ces conditions, à un accord durable.

Téhéran maintient de son côté que la réouverture du détroit reste liée au respect des conditions posées par le gouvernement iranien. Le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi affirme que son pays privilégie une solution négociée, tout en attendant une réponse officielle complète de Washington.

Cette confrontation diplomatique entretient donc l’incertitude autour de la principale voie maritime énergétique de la région. Les espoirs de reprise du dialogue entre Washington et Téhéran avaient récemment contribué au recul des cours, mais le rejet de l’initiative iranienne a ravivé la prime de risque géopolitique.

Les tensions ne se limitent pas au détroit d’Ormuz. L’Arabie saoudite a notamment intercepté des drones lancés par les Houthis du Yémen en direction de Riyad. Des alertes ont également été signalées à Abha et Jazan, où le groupe pétrolier saoudien Aramco exploite plusieurs infrastructures énergétiques.

La situation est également compliquée par les perturbations en mer Rouge et autour du détroit de Bab el-Mandeb. Les attaques des Houthis et les tensions régionales ajoutent un risque supplémentaire pour les chaînes d’approvisionnement énergétiques, alors que les opérateurs surveillent étroitement les itinéraires maritimes alternatifs.

L’Arabie saoudite dispose toutefois de capacités permettant de réorienter une partie de ses exportations vers la mer Rouge. Cette possibilité constitue un élément important pour limiter les effets d’une perturbation prolongée du trafic dans le Golfe.

Selon les données de Kpler citées dans les informations disponibles sur le marché, les exportations de pétrole brut des principaux producteurs du Moyen-Orient ont atteint environ 12,8 millions de barils par jour en septembre, leur niveau le plus élevé depuis le début du conflit israélo-iranien en février.

Les flux transitant par Ormuz restent cependant nettement inférieurs à ceux observés avant le conflit, avec environ 7,4 millions de barils par jour. Ce recul traduit l’ampleur des perturbations qui affectent cette voie maritime stratégique.

Les marchés surveillent également les produits raffinés. Aux États-Unis, la hausse des prix du diesel alimente les inquiétudes concernant l’inflation et relance les discussions sur d’éventuelles restrictions aux exportations de produits raffinés. Une réduction des volumes américains disponibles pour les marchés internationaux pourrait accentuer les tensions sur les approvisionnements européens.

Les risques restent ainsi multiples pour les opérateurs. Ils doivent suivre simultanément l’évolution des discussions entre Washington et Téhéran, la circulation maritime dans le Golfe, les tensions entre l’Arabie saoudite et les Houthis ainsi que les capacités des producteurs à maintenir leurs exportations.

Le rebond du Brent vers 99 dollars traduit cette nervosité. Après avoir bénéficié des espoirs d’une réouverture rapide d’Ormuz et d’une désescalade diplomatique, le marché a réintroduit une partie de la prime géopolitique liée au risque de prolongation des perturbations.

La hausse reste toutefois contenue par la possibilité d’une reprise des consultations entre Washington et Téhéran. Les opérateurs évitent pour l’instant de privilégier un scénario de rupture diplomatique durable et continuent d’intégrer la possibilité d’une évolution des positions des deux parties.

La trajectoire des cours dépendra désormais largement des prochains développements autour d’Ormuz. Une reprise du trafic maritime et une avancée des discussions entre Washington et Téhéran pourraient réduire la pression sur les prix. À l’inverse, une prolongation des perturbations ou une nouvelle escalade militaire renforcerait les tensions sur l’offre.

Le Brent reste ainsi proche de la barre des 100 dollars, avec le détroit d’Ormuz au centre des préoccupations du marché. Tant que la circulation maritime n’aura pas retrouvé des conditions normales et qu’aucun accord entre Washington et Téhéran n’aura permis de réduire durablement les tensions, les cours resteront particulièrement sensibles à chaque évolution diplomatique et militaire au Moyen-Orient.

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