Pétrole : les cours résistent, les inquiétudes sur l’offre refont surface

Pétrole : les cours résistent, les inquiétudes sur l’offre refont surface

Les cours du pétrole évoluent en ordre dispersé lundi, dans un marché partagé entre les craintes d’une nouvelle perturbation de l’offre au Moyen-Orient et des signes rassurants sur la capacité des exportations régionales à se maintenir. La perspective d’une mobilisation des stocks stratégiques du G7 limite également la pression sur les prix à court terme.

Vers 11h00 GMT, le Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre progressait de 0,35 %, à 102,61 dollars le baril, après avoir reculé en début de séance. À l’inverse, le West Texas Intermediate (WTI) américain pour livraison en novembre cédait 0,76 %, à 90,42 dollars.

Le marché a notamment réagi aux informations faisant état d’une nouvelle interruption du transport de pétrole via l’oléoduc Est-Ouest en Arabie saoudite. Une source du secteur énergétique a indiqué que cette importante infrastructure avait de nouveau été mise à l’arrêt après une attaque menée dimanche dans l’est du royaume et revendiquée par les Houthis du Yémen.

Cet oléoduc revêt une importance stratégique pour Riyad puisqu’il permet d’acheminer le pétrole des principaux champs de l’est de l’Arabie saoudite vers la mer Rouge, en évitant le détroit d’Ormuz. Son fonctionnement avait déjà été interrompu du 11 au 22 septembre à la suite d’attaques lancées depuis l’Irak, selon les autorités saoudiennes.

Les tensions autour des infrastructures énergétiques ont également été alimentées par les déclarations du directeur général d’Aramco, Amin Nasser. Présent lundi à Londres, le patron du géant pétrolier saoudien a estimé que les réserves mondiales de pétrole étaient devenues « dangereusement faibles », renforçant les inquiétudes des opérateurs quant à la capacité du marché à absorber de nouvelles perturbations.

Le marché dispose toutefois de plusieurs éléments susceptibles de limiter la hausse des prix. Selon la société spécialisée dans le suivi maritime Kpler, les exportations de brut du Moyen-Orient, hors Iran, ont dépassé la semaine dernière leur niveau d’avant-guerre, malgré les attaques visant des navires dans le détroit d’Ormuz. Cette résistance des flux commerciaux constitue un signal rassurant pour les investisseurs.

La décision annoncée la semaine dernière par les pays du G7 de mettre à disposition une partie de leurs réserves stratégiques devrait également contribuer à accroître l’offre à très court terme. Mais cette réponse ne suffit pas à écarter les risques liés à la multiplication des attaques contre les infrastructures pétrolières et les navires dans la région.

L’Opep+ doit se réunir le 29 novembre afin de définir sa stratégie de production pour 2027. D’ici là, les opérateurs resteront particulièrement attentifs à l’évolution des flux pétroliers du Golfe, aux attaques contre les infrastructures saoudiennes et à l’impact réel de la mobilisation des réserves stratégiques.

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