Pedro Sánchez défie Trump : « non à la guerre » l’Espagne refuse de céder aux pressions américaines dans le conflit avec l’Iran
Le 4 mars 2026, depuis le palais de la Moncloa à Madrid, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a prononcé une déclaration institutionnelle solennelle pour clarifier la position de l’Espagne face à la dangereuse escalade militaire au Moyen-Orient. Dans une allocution d’une dizaine de minutes, sans questions des journalistes, le chef du gouvernement a résumé la ligne politique de son pays en quatre mots simples mais chargés de mémoire historique : « No a la guerra » — Non à la guerre.
Cette formule n’est pas anodine. Elle renvoie directement au puissant mouvement populaire qui avait secoué l’Espagne en 2003 lors de l’invasion de l’Irak, lorsque des millions de citoyens étaient descendus dans la rue pour dénoncer l’intervention militaire menée par les États-Unis sous la présidence de George W. Bush. En reprenant ce slogan devenu emblématique de la culture politique espagnole, Sánchez cherche à inscrire sa position dans une tradition nationale profondément méfiante à l’égard des aventures militaires au Moyen-Orient.
Dans son discours, le Premier ministre a condamné les actions déstabilisatrices du régime iranien tout en refusant catégoriquement une logique de guerre. « On ne peut pas répondre à une illégalité par une autre illégalité », a-t-il déclaré, avertissant que ce type d’escalade est précisément ce qui déclenche « les grands désastres de l’humanité ».
Madrid appelle ainsi à un cessez-le-feu immédiat et à une solution strictement diplomatique pour éviter un embrasement régional majeur. Cette position intervient alors que les tensions se sont brutalement aggravées après les frappes menées début mars contre plusieurs sites stratégiques iraniens dans le cadre du conflit opposant les États-Unis, Israël et l’Iran. Certaines sources évoquent même l’élimination du Guide suprême iranien, Ali Khamenei, ce qui, si confirmé, marquerait un tournant historique dans la crise.
La déclaration de Sánchez survient dans un climat diplomatique particulièrement tendu avec Washington. La veille, le 3 mars 2026, le président américain Donald Trump avait violemment critiqué l’Espagne lors d’une rencontre à la Maison Blanche avec le chancelier allemand Friedrich Merz.
Furieux de la décision espagnole de refuser l’utilisation des bases militaires conjointes situées àNaval Station Rota Morón Air Base
le président américain a menacé de représailles économiques, déclarant que les États-Unis pourraient « couper tout le commerce avec l’Espagne ». Trump a même qualifié Madrid d’« allié terrible » et d’« allié peu fiable » au sein de NATO.
Le refus espagnol repose sur une lecture stricte de l’accord bilatéral qui régit la présence militaire américaine sur son territoire. Selon Madrid, ces installations sont destinées à des opérations défensives et à la coopération stratégique, mais ne peuvent être utilisées pour des attaques unilatérales contre un État tiers sans mandat clair de l’ONU ou de l’OTAN.
Autrement dit, l’Espagne refuse de voir son territoire servir de plateforme logistique pour une guerre qu’elle ne soutient pas politiquement ni juridiquement.
Le chef du gouvernement a également rejeté ce qu’il a qualifié de « suivisme aveugle et servile », estimant que céder à de telles pressions reviendrait à trahir les principes fondamentaux du pays. Il a enfin exprimé sa « confiance absolue » dans la solidité de l’économie espagnole, rappelant que l’Espagne est l’une des grandes puissances exportatrices de l’European Union, avec des partenaires commerciaux diversifiés à travers le monde.
