Sri Lanka : un tribunal ordonne la remise des corps de 84 marins iraniens à l’ambassade d’Iran après le torpillage de l’IRIS Dena
Un tribunal sri-lankais a pris une décision majeure ce mercredi 11 mars 2026, ordonnant la remise des corps de 84 marins iraniens à l’ambassade de la République islamique d’Iran à Colombo. La décision a été rendue par le tribunal de première instance de Galle (Galle Chief Magistrate Court), sous la présidence du magistrat en chef Sameera Dodangoda.
Les dépouilles, conservées depuis plusieurs jours dans des conteneurs frigorifiques à l’hôpital national de Galle, seront désormais transférées aux représentants diplomatiques iraniens pour un rapatriement immédiat vers Téhéran. Cette mesure fait suite à une requête de la police portuaire de Galle et à une demande officielle des autorités iraniennes, conformément aux principes du droit international humanitaire concernant le traitement des victimes en mer.
L’incident remonte au 4 mars 2026, lorsque la frégate iranienne IRIS Dena (classe Moudge, numéro 75), l’un des navires les plus avancés de la marine iranienne, a été coulée par une torpille tirée depuis un sous-marin américain, identifié par plusieurs sources comme l’USS Charlotte. L’attaque s’est produite en eaux internationales dans l’océan Indien, à environ 35–40 km au large de la côte sud du Sri Lanka, près de la ville de Galle.
Le navire rentrait d’un exercice naval multinational organisé par l’Inde, le MILAN 2026 / International Fleet Review, qui a réuni plusieurs marines, dont celles des États-Unis et de l’Inde. À bord se trouvaient environ 180 membres d’équipage.
Suite à l’attaque, la marine sri-lankaise a lancé une opération de recherche et de sauvetage. Trente-deux survivants ont été secourus, plusieurs gravement blessés et pris en charge à l’hôpital de Karapitiya, tandis que 87 corps ont été récupérés initialement. Les 84 dépouilles officiellement remises aujourd’hui correspondent aux corps identifiés et conservés à l’hôpital de Galle, les écarts dans les bilans s’expliquant par les procédures d’identification et les corps non encore localisés.
Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a confirmé l’attaque en la qualifiant de « quiet death » (mort silencieuse), soulignant qu’il s’agissait de la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale qu’un sous-marin américain coulait un navire ennemi avec une torpille Mark 48. Les États-Unis considèrent l’opération comme une action légitime contre une cible militaire iranienne dans le cadre de la guerre en cours, qui oppose Washington et Tel-Aviv à Téhéran depuis fin 2025.
Du côté iranien, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a dénoncé cette action comme une « atrocité en mer », affirmant que le navire, désarmé et rentrant d’un exercice international pacifique, ne représentait aucune menace immédiate.
Le Sri Lanka, bien que neutre dans ce conflit, s’est retrouvé au centre d’une crise diplomatique complexe. Colombo a accueilli temporairement un second navire iranien, l’IRIS Bushehr, pour des raisons techniques, avant de procéder à l’évacuation de son équipage. Le gouvernement sri-lankais a maintenu sa neutralité tout en facilitant le rapatriement des corps conformément aux demandes officielles.
