Rome : des milliers de manifestants dénoncent la politique de Giorgia Meloni et l’alignement italien sur Washington
Plusieurs milliers de personnes ont défilé samedi dans les rues de Rome pour protester contre la politique du gouvernement dirigé par la Première ministre Giorgia Meloni. Initialement organisée pour contester les réformes judiciaires portées par l’exécutif italien, la mobilisation s’est rapidement élargie à d’autres sujets brûlants, notamment la position de l’Italie face à l’escalade militaire au Moyen-Orient et la proximité politique affichée avec le président américain Donald Trump.
Le rassemblement a réuni une foule composée principalement de syndicalistes, d’étudiants, de militants d’organisations de gauche et d’activistes pacifistes. Dans les rues de la capitale italienne, les manifestants ont brandi de nombreuses banderoles dénonçant la politique gouvernementale, avec des slogans tels que « Non au gouvernement Meloni » ou encore « Non à la guerre ».
Plusieurs drapeaux étrangers étaient également visibles dans le cortège, notamment palestiniens, iraniens et cubains, reflétant la dimension internationale de la mobilisation. Pour une partie des protestataires, la diplomatie italienne apparaît aujourd’hui trop alignée sur les positions de Washington dans le contexte de la crise régionale qui secoue le Moyen-Orient.
La manifestation s’est déroulée dans un climat globalement tendu, même si elle est restée majoritairement pacifique. Selon plusieurs sources, un petit groupe de participants a incendié des affiches représentant Giorgia Meloni aux côtés de Donald Trump, un geste symbolique destiné à dénoncer ce que certains militants considèrent comme un rapprochement politique et stratégique entre Rome et Washington.
Ces protestations interviennent dans un contexte international particulièrement volatile, marqué par une escalade des tensions entre l’Iran et ses adversaires régionaux, avec l’implication croissante des États-Unis. Bien que Italie ne participe pas directement aux opérations militaires, le gouvernement italien a décidé d’apporter un soutien défensif à certains pays du Golfe visés par des attaques, notamment en matière de surveillance et de protection.
Cette décision suscite cependant de vives critiques dans certains milieux politiques et syndicaux italiens, qui craignent un glissement progressif vers une implication plus large dans un conflit aux conséquences potentiellement graves pour la stabilité régionale et pour l’Europe.
Face aux critiques, Giorgia Meloni a tenu à rassurer l’opinion publique en affirmant que l’Italie n’était pas engagée dans la guerre et qu’elle ne comptait pas y participer. La cheffe du gouvernement souligne que les actions entreprises par Rome s’inscrivent dans le cadre des engagements internationaux du pays au sein de l’Union européenne et de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord.
Malgré ces assurances, la mobilisation organisée à Rome témoigne d’une contestation persistante dans une partie de la société italienne, où la politique étrangère du gouvernement, les réformes institutionnelles et les alliances internationales continuent de susciter un débat intense.
