Escalade au Moyen-Orient : prime de 10 millions sur la tête de Mojtaba Khamenei, Washington envoie 2 500 Marines vers Ormuz, Téhéran riposte dans la rue
Le 13 mars 2026 marque un nouveau tournant dans l’escalade militaire et psychologique opposant les États-Unis à l’Iran. Alors que les frappes et les tensions s’intensifient dans la région, Washington a franchi une étape supplémentaire dans sa stratégie de pression contre Téhéran.
Par l’intermédiaire du programme « Rewards for Justice » du Département d’État, l’administration américaine a annoncé offrir une récompense pouvant atteindre 10 millions de dollars pour toute information fiable permettant d’identifier, localiser ou faciliter l’arrestation de plusieurs hauts responsables iraniens. En tête de liste figure Mojtaba Khamenei, devenu Guide suprême après la mort de Ali Khamenei lors des premières frappes israélo-américaines menées fin février.
D’autres figures majeures du pouvoir iranien sont également visées par cette offre américaine : Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, Ali Asghar Hejazi, influent adjoint du bureau du Guide suprême, ainsi que Yahya Rahim Safavi, conseiller militaire principal et ancien commandant des Gardiens de la révolution. Washington accuse ces responsables d’orchestrer ou de soutenir un réseau d’opérations terroristes à l’échelle internationale, principalement via le Islamic Revolutionary Guard Corps.
Selon les autorités américaines, les informateurs crédibles pourraient bénéficier non seulement d’une importante récompense financière, mais également d’une protection renforcée et d’un programme de réinstallation aux États-Unis.
Cette initiative intervient au lendemain de déclarations particulièrement virulentes du secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth. Lors d’un briefing au Pentagone, il a affirmé que Mojtaba Khamenei serait « blessé et probablement défiguré » après les bombardements intensifs menés ces derniers jours.
Dans une rhétorique très offensive, Hegseth a décrit les dirigeants iraniens comme « désespérés et paniqués », affirmant qu’ils se cacheraient « sous terre comme des rats » pour échapper aux frappes. Selon Washington, la première déclaration publique du nouveau Guide suprême — diffusée à la télévision d’État sans apparition physique — traduirait un pouvoir fragilisé et une direction politique sous pression.
Ces déclarations s’inscrivent dans une stratégie de guerre psychologique, visant à alimenter les divisions internes du régime iranien et à remettre en cause la légitimité de son nouveau chef.
À Téhéran, la réponse a pris la forme d’une démonstration de mobilisation populaire. Malgré plusieurs explosions signalées dans certains quartiers de la capitale, des milliers de manifestants ont envahi les rues à l’occasion de la Quds Day, la traditionnelle Journée de Jérusalem.
Les participants ont scandé des slogans virulents contre les États-Unis et Israël, dans une atmosphère mêlant ferveur politique et défi symbolique. Plusieurs responsables iraniens de premier plan ont également tenu à apparaître publiquement afin de contredire l’image d’un pouvoir retranché.
Parmi eux figuraient le président Masoud Pezeshkian, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araqchi, Ali Larijani, le chef du pouvoir judiciaire Gholam Hossein Mohseni Ejei et le commandant de la sécurité intérieure Ahmad Reza Radan. Tous ont été filmés marchant au milieu de la foule, échangeant avec les manifestants et multipliant les images destinées à démontrer l’unité du régime.
Sur le terrain numérique, Ali Larijani a lui-même pris la parole pour répondre aux accusations américaines. Sur la plateforme X, il a publié plusieurs vidéos montrant les dirigeants iraniens dans les rues de Téhéran.Sa réponse au secrétaire américain à la Défense a été particulièrement acerbe :
« Nos dirigeants sont parmi le peuple dans la rue, et les vôtres sont sur l’île d’Epstein. »
Cette référence directe au scandale impliquant Jeffrey Epstein vise à retourner l’attaque américaine en soulignant les controverses qui ont touché certaines élites politiques et économiques occidentales. Pour Téhéran, la guerre de l’information devient ainsi un instrument stratégique destiné à affaiblir l’image morale de son adversaire.
Parallèlement à cette confrontation politique et médiatique, les États-Unis renforcent leur présence militaire dans la région. Selon plusieurs médias américains, dont le New York Times et le Wall Street Journal, environ 2 500 Marines supplémentaires ont été envoyés vers le Moyen-Orient.
Avec ce déploiement militaire, la confrontation entre United States et Iran entre désormais dans son treizième jour de guerre ouverte. Frappes aériennes, menaces de fermeture du détroit d’Ormuz, sanctions économiques, opérations d’influence et propagande croisées composent désormais les différentes dimensions d’un conflit qui ne cesse de s’intensifier.
Les pertes humaines et matérielles continuent de s’alourdir des deux côtés, tandis que la communauté internationale observe avec inquiétude une crise susceptible de déstabiliser durablement l’ensemble du Moyen-Orient et les marchés énergétiques mondiaux.
Pour l’heure, l’issue stratégique de cette confrontation demeure hautement incertaine, et chaque nouvelle initiative — militaire, diplomatique ou informationnelle — semble rapprocher un peu plus la région d’un affrontement de grande ampleur.
