Italie : un vote sur la réforme judiciaire qui pourrait redessiner le pouvoir de Meloni
Ce week-end, Les Italiens sont appelés à se prononcer sur une réforme constitutionnelle visant à réorganiser le système judiciaire. Pour la Première ministre Giorgia Meloni, ce référendum représente bien plus qu’un simple vote sur la justice : c’est un véritable test de sa popularité et de son autorité politique.
Pour convaincre les électeurs, Meloni a adopté une approche peu conventionnelle. Elle est apparue dans le podcast populaire Pulp, animé par le rappeur Fedez et le podcasteur M. Marra, échangeant avec eux pendant une heure sur les enjeux de la réforme. Objectif : séduire les jeunes électeurs et défendre un système judiciaire qu’elle promet « plus méritocratique, plus responsable et plus efficace ».
La Première ministre insiste sur le fait que le « non » ne réglerait rien et pourrait laisser le pays avec un système judiciaire dysfonctionnel, tout en maintenant son gouvernement en place.
Mais la campagne est loin d’être acquise. Les partis d’opposition et les syndicats dénoncent une réforme qu’ils jugent dangereuse pour la démocratie et perçoivent le référendum comme un moyen pour Meloni d’accroître son influence sur le pouvoir judiciaire. Selon eux, ce vote est devenu un symbole politique : rejeter la réforme, c’est aussi sanctionner le gouvernement.
La rhétorique parfois alarmiste du gouvernement, notamment sur la sécurité et l’immigration, alimente la méfiance et la polarisation autour de ce vote, accentuant l’enjeu pour Meloni.
Les sondages prévoient un scrutin serré. Dans ce type de référendum, il n’existe pas de seuil minimal de participation : le camp qui obtient le plus de votes l’emporte. Une victoire renforcerait Meloni et sa coalition, tandis qu’une défaite serait un revers politique majeur, affectant sa crédibilité et son autorité avant les élections générales prévues en 2027.
Pour le politologue Roberto D’Alimonte, « elle veut gagner. Si elle perd, cela aura des conséquences et elle le comprend ». Meloni sait que ce référendum pourrait redéfinir sa place dans le paysage politique italien.
En réalité, le référendum porte sur des aspects techniques : la séparation des parcours professionnels des juges et des procureurs, la création d’organes distincts pour les encadrer et l’instauration d’une cour disciplinaire commune. Mais pour beaucoup d’Italiens, il devient un vote symbolique sur la survie politique de Meloni et sur la confiance dans son gouvernement.
Malgré ces défis, la Première ministre affiche une confiance inébranlable et affirme qu’elle ne démissionnera pas. Pour Meloni, l’enjeu est double : moderniser la justice italienne tout en consolidant son pouvoir politique dans un contexte incertain et tendu.
