Birmanie : abolition des condamnations à mort et grâce pour l’ex-président dans une vaste amnistie
Le nouveau président birman, Min Aung Hlaing, a annoncé vendredi l’annulation de toutes les condamnations à mort dans le pays, dans l’une de ses premières décisions majeures depuis sa prise de fonction, intervenue une semaine plus tôt.
Cette mesure s’accompagne d’une vaste amnistie touchant plus de 4 000 détenus, à l’occasion du Nouvel An birman, traditionnellement marqué par des gestes de clémence. Selon un communiqué officiel, les condamnations à mort seront désormais commuées en peines de réclusion à perpétuité.
Parmi les bénéficiaires de cette décision figure l’ancien président Win Myint, emprisonné depuis le coup d’État militaire de 2021. Sa libération s’inscrit dans une amnistie plus large, qui inclut également la libération de centaines de détenus, dont environ 180 étrangers.
En revanche, la figure emblématique de l’opposition birmane, la prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi, reste en détention. Sa peine de 27 ans de prison a toutefois été réduite d’un sixième, la ramenant à environ 22 ans et demi.
Ces annonces interviennent dans un contexte politique toujours marqué par la crise profonde ouverte depuis le coup d’État de 2021, qui a plongé le pays dans une guerre civile. Selon des organisations de défense des droits humains, plus de 30 000 personnes auraient été emprisonnées pour des raisons politiques depuis cette date.
Les autorités militaires présentent ces mesures comme un geste de réconciliation nationale, lié aux festivités du Nouvel An. Plusieurs observateurs y voient toutefois une opération de communication destinée à assouplir l’image du pouvoir, alors que la répression et l’instabilité persistent.
Dans les rues de Rangoun, notamment aux abords de la prison d’Insein, de nombreuses familles ont attendu des heures dans l’espoir de voir leurs proches libérés. Certaines libérations ont déjà été confirmées, dont celle de la réalisatrice Shin Daewe, initialement condamnée à la réclusion à perpétuité.
Malgré ces gestes d’ouverture, la situation politique reste extrêmement tendue, et les principaux dirigeants de l’opposition continuent de purger de lourdes peines, illustrant les limites de cette amnistie dans un pays encore profondément fracturé.
