John Bolton plaide coupable : la chute judiciaire d’un ancien allié devenu l’un des plus féroces adversaires de Trump
L’ancien conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, John Bolton, a reconnu vendredi sa culpabilité dans une affaire liée à la détention illégale d’informations classifiées, mettant fin à une longue bataille judiciaire par un accord avec le parquet fédéral américain.
Âgé de 77 ans, Bolton a plaidé coupable d’un seul chef d’accusation portant sur la conservation d’informations relatives à la défense nationale, alors qu’il faisait initialement face à 18 chefs d’accusation. L’infraction pouvait théoriquement lui valoir jusqu’à dix ans de prison, mais l’accord conclu avec le ministère de la Justice prévoit une recommandation de peine plus limitée, laissant toutefois la décision finale au juge Theodore Chuang, qui doit prononcer la sentence le 28 octobre.
Dans le cadre de cet accord, Bolton accepte également de payer une amende pouvant atteindre 2,25 millions de dollars, de renoncer à certains avantages liés à sa carrière fédérale, de coopérer avec les services de renseignement et d’effectuer jusqu’à 100 heures de travaux d’intérêt général.
Devant le tribunal de Greenbelt, dans le Maryland, l’ancien responsable américain a reconnu les faits présentés par le procureur et a simplement déclaré : « Je le regrette ».
Cette affaire prend une dimension particulière en raison du parcours de John Bolton. Figure connue de la politique étrangère américaine, il avait occupé le poste de conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump avant d’être évincé en 2019 après plus d’un an au sein de la Maison-Blanche.
Après son départ, Bolton est devenu un critique particulièrement virulent de l’ancien président, publiant en 2020 un livre explosif intitulé The Room Where It Happened, dans lequel il dressait un portrait très critique du fonctionnement de l’administration Trump.
À l’époque, la Maison-Blanche avait tenté d’empêcher la publication de l’ouvrage, affirmant qu’il contenait des informations sensibles pouvant nuire à la sécurité nationale. Donald Trump avait alors accusé Bolton d’être un « belliciste » et estimé que ses décisions auraient pu entraîner les États-Unis dans un conflit majeur.
Contrairement aux premières accusations qui se concentraient sur son livre, le dossier judiciaire portait principalement sur des notes privées contenant des informations classifiées que Bolton aurait conservées et partagées avec des membres de son entourage lors de la rédaction de ses mémoires.
Les procureurs ont notamment évoqué des échanges avec sa femme et sa fille. Après avoir transmis certains documents, Bolton aurait lui-même écrit : « On n’en parle surtout pas ! », tandis qu’un proche aurait répondu : « Chut ! ».
Pour sa défense, son avocat Abbe Lowell a estimé que Bolton avait assumé ses responsabilités en acceptant l’accord judiciaire, affirmant qu’il avait agi « comme un véritable dirigeant » en reconnaissant son erreur.
La condamnation de Bolton intervient dans un contexte politique extrêmement tendu aux États-Unis, où plusieurs opposants ou anciens adversaires de Donald Trump ont fait face à des poursuites judiciaires.
Certains dossiers ont été fragilisés par des décisions judiciaires et des accusations de motivations politiques, tandis que l’affaire Bolton suit une trajectoire différente avec un accord négocié entre la défense et le parquet.
Les autorités américaines rappellent toutefois que l’enquête contre Bolton avait commencé avant le retour de Trump à la Maison-Blanche en 2025, afin d’écarter les accusations d’une procédure lancée uniquement pour des raisons politiques.
