Guerre au Moyen-Orient : Washington inflige une « punition » à l’Iran après la mort de deux soldats américains

Guerre au Moyen-Orient : Washington inflige une « punition » à l’Iran après la mort de deux soldats américains

Le conflit entre les États-Unis et l’Iran franchit un nouveau seuil de gravité. Au lendemain de la mort de deux soldats américains dans une attaque iranienne contre une base en Jordanie, Washington a lancé une vaste série de frappes de représailles contre des installations militaires iraniennes, tandis que Téhéran a riposté par des tirs de missiles et de drones contre des bases américaines dans la région. Les deux pays estiment désormais que l’accord-cadre conclu à la mi-juin n’a plus de valeur, faisant craindre un enlisement durable de la confrontation.

Selon le Commandement central américain (CENTCOM), les frappes menées dans la nuit de samedi à dimanche visaient à infliger une « punition rapide » au Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) en réponse à l’attaque iranienne qui a coûté la vie à deux militaires américains sur la base aérienne de Muwaffaq Salti, en Jordanie. Les bombardements ont ciblé des systèmes de défense aérienne, des batteries de défense côtière, des bases de missiles, des installations de surveillance ainsi que plusieurs capacités militaires situées à proximité du détroit d’Ormuz, que Washington considère comme une menace pour la navigation internationale.

Les États-Unis affirment également avoir ciblé les responsables présumés de l’attaque contre leurs forces. Le président Donald Trump a qualifié la mort des deux soldats de « tragédie » et ordonné une intensification des opérations militaires, assurant que les forces américaines utiliseraient « toute la force nécessaire » pour protéger leurs militaires et garantir la liberté de navigation dans le Golfe.

Selon des sources américaines, deux soldats ont été tués, plusieurs autres blessés et un militaire est toujours porté disparu après l’attaque iranienne menée vendredi contre la base américaine en Jordanie. Depuis le début de la campagne militaire contre l’Iran il y a près de cinq mois, seize militaires américains auraient perdu la vie, selon les autorités américaines. Ces pertes alimentent les critiques grandissantes aux États-Unis contre l’engagement militaire décidé par Donald Trump.

De son côté, l’agence iranienne Tasnim affirme que plusieurs missiles américains ont frappé l’île de Qeshm, dans le golfe Persique. En représailles, l’Iran aurait lancé des missiles et des drones contre des bases militaires américaines au Koweït et dans d’autres pays alliés de Washington dans la région.

Le ministère iranien de la Santé a annoncé qu’au moins 50 personnes avaient été tuées et plus de 500 blessées depuis la reprise des hostilités entre les deux pays. Les autorités iraniennes publient uniquement un bilan des victimes civiles, sans communiquer sur les pertes militaires.

Le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a promis une réponse sévère aux États-Unis. Dans une déclaration, il a averti que « le peuple iranien et le front de la résistance donneront aux États-Unis une leçon qu’ils n’oublieront jamais », accusant Washington d’avoir provoqué une guerre dont il devra assumer les conséquences.

Sur le plan diplomatique, l’accord-cadre signé entre Washington et Téhéran à la mi-juin semble désormais définitivement compromis. Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a annoncé la suspension de son application, tandis que Donald Trump a déclaré que cet accord lui était désormais « totalement indifférent ». Ce texte devait ouvrir la voie à un accord définitif dans un délai de 60 jours, tout en garantissant la sécurité de la navigation dans le détroit d’Ormuz.

Face à cette détérioration rapide de la situation, les Émirats arabes unis ont appelé à une cessation immédiate des hostilités et à une reprise des négociations, estimant qu’il s’agit du seul moyen d’éviter que l’ensemble du Moyen-Orient ne sombre dans une nouvelle spirale de violence.

Parallèlement, le Wall Street Journal, citant un responsable américain, rapporte que l’Iran aurait considérablement amélioré ses capacités balistiques, notamment avec des missiles capables de modifier leur trajectoire en phase terminale. Certains responsables américains s’interrogent sur une éventuelle assistance technologique de la Chine ou de la Russie, sans qu’aucune preuve publique n’ait été présentée à ce stade.

Pour de nombreux analystes, la perspective d’une désescalade paraît désormais de plus en plus lointaine. L’expert israélien Danny Citrinowicz estime que la disparition de la confiance entre Washington et Téhéran, l’épuisement des médiateurs régionaux et la multiplication des frappes militaires font désormais peser un risque élevé d’embrasement régional.

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