Guerre au Moyen-Orient : le Pakistan appelle à la retenue lors d’une rencontre entre Shehbaz Sharif et un ministre iranien

Guerre au Moyen-Orient : le Pakistan appelle à la retenue lors d’une rencontre entre Shehbaz Sharif et un ministre iranien

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a renouvelé, mardi, son appel à la désescalade au Moyen-Orient lors d’une rencontre avec le ministre iranien de l’Intérieur, Eskandar Momeni. Alors que les affrontements entre l’Iran et les États-Unis se poursuivent et que les tensions gagnent plusieurs pays du Golfe, Islamabad tente de jouer un rôle de médiateur afin d’éviter un embrasement régional.

Selon un communiqué publié par le bureau du Premier ministre, Shehbaz Sharif a exhorté « toutes les parties à faire preuve de retenue et à s’abstenir de toute action susceptible de déstabiliser davantage la région ». Il a également assuré son interlocuteur que le Pakistan poursuivrait ses efforts diplomatiques pour favoriser le dialogue et réduire les tensions.

Cet appel intervient dans un contexte particulièrement explosif. Pour le dixième jour consécutif, les États-Unis ont mené de nouvelles frappes contre des positions iraniennes. Le président américain Donald Trump a déclaré que ces opérations étaient menées « en l’honneur » des soldats américains tués et a averti que l’Iran paierait « plusieurs fois » le prix de toute nouvelle attaque contre les forces américaines.

En réponse, Téhéran a intensifié ses opérations militaires contre des bases américaines situées dans plusieurs pays du Golfe, qualifiant désormais le conflit de « guerre totale ». Les Gardiens de la Révolution ont par ailleurs annoncé avoir intercepté deux pétroliers dans le détroit stratégique d’Ormuz, accentuant les inquiétudes sur la sécurité du trafic maritime mondial.

Les conséquences de cette escalade se font désormais sentir dans les États voisins. Le Koweït a annoncé avoir intercepté des missiles et des drones iraniens visant son territoire, tandis que Bahreïn a déclenché ses sirènes d’alerte et demandé à la population de rejoindre les abris les plus proches.

Les frappes contre les infrastructures énergétiques ont également contraint les autorités koweïtiennes à instaurer des mesures de rationnement de l’électricité. Les habitants sont invités à limiter leur consommation, notamment en réduisant l’utilisation de la climatisation malgré des températures estivales particulièrement élevées.

Plusieurs résidents interrogés par l’AFP décrivent un climat d’angoisse inédit. Certains estiment que la pression psychologique actuelle dépasse même celle vécue lors de l’invasion irakienne du Koweït en 1990. Les autorités appellent chacun à adopter des gestes de sobriété énergétique afin de préserver la stabilité du réseau électrique.

Sur le plan politique, Donald Trump a également condamné les exécutions de deux jeunes manifestants iraniens, Erfan Esfandiari (18 ans) et Gol-Mohammad Mohammadi (23 ans), pendus dimanche après avoir été accusés de la mort de policiers lors des manifestations antigouvernementales.

Dans plusieurs messages publiés sur son réseau Truth Social, le président américain a dénoncé « une barbarie », affirmant que ces exécutions s’ajoutaient à une longue série de répressions menées par les autorités iraniennes contre les opposants au régime.

Au Liban, l’armée a accusé les forces israéliennes d’avoir ouvert le feu à proximité de ses soldats alors qu’ils se déployaient dans une zone du sud du pays, conformément à un accord prévoyant un retrait progressif des troupes israéliennes sous réserve du désarmement du Hezbollah.

L’armée libanaise estime que ces tirs risquent de compromettre la mise en œuvre des dispositions prévues par cet accord, illustrant une nouvelle fois la fragilité de la situation sécuritaire dans la région.

Alors que les opérations militaires s’intensifient, les initiatives diplomatiques se multiplient pour tenter d’éviter une extension du conflit. Le Pakistan apparaît désormais comme l’un des principaux acteurs cherchant à favoriser un dialogue entre les parties, dans une région où chaque nouvelle frappe accroît le risque d’un affrontement généralisé.

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